Alors que la situation sécuritaire se dégrade rapidement dans le nord-est de la Syrie, les répercussions de ce conflit se font sentir jusque dans les capitales européennes. Ce samedi, le centre de Londres a été le théâtre d’un incident violent en marge d’une mobilisation politique liée au dossier syrien. Une manifestation, initialement prévue pour rallier des lieux symboliques du pouvoir britannique, a dégénéré lorsque des passants se sont retrouvés mêlés involontairement au cortège.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, des partisans du groupe YPG/FDS s’étaient rassemblés à Trafalgar Square avant d’entamer une marche en direction de Downing Street, siège du gouvernement britannique. C’est précisément devant les bureaux du Premier ministre que la situation a basculé. Des témoins sur place rapportent que plusieurs manifestants s’en sont pris verbalement et physiquement à deux femmes qui traversaient simplement le secteur au moment du passage du cortège. L’incident a nécessité l’intervention rapide de la police londonienne pour mettre fin à l’agression et rétablir l’ordre.
Cette montée de tension dans les rues de Londres intervient dans un contexte géopolitique particulier. Sur le terrain, les forces armées syriennes ont relancé leurs opérations dans le nord-est du pays. Cette reprise des hostilités fait suite au non-respect, par les YPG/FDS, des clauses d’un accord de cessez-le-feu récemment négocié. Comme nous l’évoquions dans nos précédents articles sur l’expiration de la trêve en Syrie, cet accord prévoyait des concessions majeures, notamment le retrait des formations militaires à l’est de l’Euphrate.
Les termes de l’entente, qui n’ont finalement pas été honorés, stipulaient également le transfert du contrôle administratif et sécuritaire des provinces de Raqqa et de Deir ez-Zor vers le gouvernement central de Damas. L’accord incluait par ailleurs la restitution de l’autorité sur les points de passage frontaliers et les ressources énergétiques, ainsi qu’une procédure d’intégration individuelle du personnel des YPG/FDS au sein des ministères syriens de la Défense et de l’Intérieur.
Il est à noter que la classification de ces groupes demeure un sujet sensible au Royaume-Uni. Les FDS sont dominées par les YPG, considérées comme la branche syrienne du PKK. Or, le PKK est officiellement interdit sur le sol britannique depuis mars 2001, en vertu de la loi antiterroriste de 2000.