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En plein Ramadan, la découverte matinale dans une mosquée de Cisjordanie expose le mode opératoire de deux assaillants

Le mois sacré du Ramadan est marqué par une nouvelle escalade des tensions dans les territoires occupés. En Cisjordanie, une attaque ciblant un lieu de culte musulman vient s’ajouter à une longue série de violences perpétrées à l’encontre des populations palestiniennes et de leurs biens.

Les faits se sont déroulés à la mosquée Abu Bakr as-Siddiq, située entre les localités de Sarra et Tal, près de Naplouse. Selon les informations relayées par la chaîne Al Jazeera, les fidèles venus assister à la première prière de la journée ont découvert un édifice endommagé par les flammes. Une épaisse fumée noire s’échappait de l’entrée, noircissant la façade et brisant les vitres du bâtiment.

Les images de vidéosurveillance consultées sur place montrent deux individus s’approchant de la mosquée munis de bidons de carburant et de bombes de peinture, avant de prendre la fuite quelques minutes plus tard. Au-delà des dégâts matériels causés par l’incendie, les assaillants ont laissé des inscriptions racistes sur les murs. Ces tags dénigrent le prophète Muhammad et comportent les termes « vengeance » et « prix à payer » (price tag), une expression régulièrement utilisée par les colons israéliens pour revendiquer leurs exactions contre les Palestiniens.

Pour les riverains, le timing de cette attaque ne laisse aucun doute sur ses motivations. Un habitant de Tal a précisé que cet acte visait spécifiquement les fidèles observant le jeûne du Ramadan, constituant une atteinte directe à la foi islamique. Cette agression s’inscrit dans un schéma récurrent : l’année dernière, le ministère des Affaires religieuses de l’Autorité palestinienne a recensé 45 mosquées vandalisées ou attaquées en Cisjordanie.

Ce climat d’insécurité s’est considérablement aggravé depuis le début du conflit dans la bande de Gaza en octobre 2023. Les derniers chiffres des Nations Unies font état d’au moins 1 094 Palestiniens tués par les forces armées et les colons israéliens en Cisjordanie. Dans un récent rapport, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a mis en garde contre les politiques israéliennes dans la région, dénonçant un usage systématique de la force et des démolitions illégales. L’organisation internationale souligne que ces actes, couplés à l’impunité dont bénéficient les auteurs de violences, créent un environnement coercitif favorisant les déplacements forcés, qualifiés de crime de guerre.

Si l’armée et la police israéliennes ont annoncé avoir ouvert une enquête pour retrouver les suspects de l’incendie de la mosquée, les organisations de défense des droits humains dressent un tout autre constat. Des groupes comme B’Tselem, ainsi que l’ONU, accusent les autorités israéliennes de laisser les colons opérer sans réelles conséquences pénales, documentant une tolérance, voire un soutien actif des forces de sécurité dans une stratégie globale visant à consolider la mainmise sur les terres palestiniennes.

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