En guerre contre les États-Unis et Israël, le président iranien fixe trois conditions pour stopper les hostilités

Au treizième jour de l’offensive militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, une inflexion diplomatique se dessine à Téhéran. Alors que la République islamique affichait jusqu’ici un refus catégorique de toute négociation, le chef de l’État iranien vient de formuler publiquement les termes qui pourraient conduire à une désescalade.

Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, le président Masoud Pezeshkian a utilisé le réseau social X ce mercredi pour détailler sa proposition, après des échanges avec ses homologues russe et pakistanais. Le dirigeant a posé trois exigences spécifiques pour mettre un terme au conflit : la reconnaissance des droits légitimes de l’Iran, le paiement de réparations de guerre, et l’obtention de garanties internationales fermes contre toute agression future. Cette démarche tranche avec la posture martiale adoptée par Téhéran au déclenchement des hostilités.

Cette ouverture diplomatique révèle une dualité au sein de l’appareil d’État iranien. D’un côté, le président Pezeshkian a présenté ses excuses aux pays voisins touchés par les frappes de représailles, promettant de cesser ces attaques s’ils n’abritent pas d’offensives américaines. De l’autre, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), qui répond au Conseil suprême de sécurité nationale, maintient une stratégie de confrontation directe en ciblant les infrastructures américaines dans le Golfe. Cette ligne s’inscrit dans la continuité idéologique de l’institution, dont est issu le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, désigné après la mort de son père au premier jour de la guerre.

Sur le plan économique, Téhéran déploie une stratégie de pression énergétique maximale. L’armée iranienne a restreint l’accès au détroit d’Ormuz, passage vital pour 20 % du trafic mondial d’hydrocarbures. Les prix du pétrole ont franchi la barre des 100 dollars le baril à la fin de la semaine dernière, contre 65 dollars avant le conflit. Mercredi, les autorités iraniennes ont averti qu’elles pourraient totalement bloquer ce corridor, brandissant la menace d’un baril à 200 dollars. En parallèle, l’Irak a fermé ses opérations portuaires pétrolières jeudi à la suite d’attaques de drones iraniens contre des pétroliers dans ses eaux.

Du côté de Washington et Tel-Aviv, les projections sur la durée de l’opération, baptisée « Epic Fury », divergent. Donald Trump a déclaré au média américain Axios que la guerre prendrait fin « bientôt », affirmant qu’il ne restait « pratiquement plus rien à cibler ». Cette volonté d’écourter les opérations coïncide avec des impératifs financiers à l’approche des élections de mi-mandat. Selon des données présentées au Pentagone et citées par Reuters, les États-Unis ont dépensé plus de 11,3 milliards de dollars au cours des six premiers jours de guerre. Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) évalue ce coût à près de 900 millions de dollars par jour, principalement en munitions complexes.

À l’inverse de la position de Donald Trump, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé de son côté que la campagne militaire se poursuivrait « sans limite de temps », jusqu’à l’atteinte définitive de tous les objectifs fixés par son gouvernement.

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Un commentaire

  1. Si l’Amérique se retire de cette guerre , Israël subira à ses dépens une raclee qui le détruira définitivement. Israël n’est rien sans les usa

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