La Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (CNES) entame une nouvelle phase de son histoire. À l’issue d’un processus électoral marquant une volonté de retour à une ligne souverainiste, l’organisation patronale a officiellement acté un changement de leadership, avec des priorités de relance économique clairement définies face aux pouvoirs publics.
Selon les informations relayées par IGFM, Abdel Kader Ndiaye succède à Adama Lam à la présidence de la structure. Jusqu’ici patron du Syndicat National du Bâtiment et des Travaux Publics (SNBTP), cet ingénieur polytechnicien et titulaire d’un MBA prend les rênes avec une solide expérience institutionnelle. Vice-président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD), il s’est également illustré au sein des groupes de travail des Conseils présidentiels sur l’Investissement (CPI). Son parcours s’inscrit dans la continuité de la vision de feu Mansour Kama, avec qui il partageait l’objectif d’un patronat local fort et décomplexé.
Dès sa prise de fonction, le nouveau président a identifié plusieurs défis majeurs, dont le projet de réunification patronale, l’autonomie des organisations professionnelles et la relance des grands projets nationaux. Toutefois, l’urgence absolue de son mandat réside dans le traitement de la dette intérieure. L’apurement des créances de l’État envers les entreprises privées est érigé en condition de survie pour le tissu économique national.
Face aux tensions de trésorerie qui fragilisent particulièrement les PME-PMI du secteur du BTP, la direction de la CNES entend obtenir du gouvernement un calendrier de paiement ferme. L’objectif affiché est de restaurer la capacité d’investissement locale pour sécuriser la croissance et préserver les emplois.
Notre rédaction note que cette exigence financière s’accompagne d’un plaidoyer axé sur la préférence nationale. Abdel Kader Ndiaye compte s’appuyer sur son expertise pour favoriser l’accès des entreprises locales aux grands marchés publics et renforcer leur compétitivité face aux enjeux de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF). La nouvelle équipe dirigeante exige ainsi un strict respect des engagements contractuels de l’État vis-à-vis de ses partenaires privés.