Élimination d’Ali Larijani en Iran : le basculement interne provoqué par la disparition des négociateurs historiques.

L’assassinat d’Ali Larijani, puissant secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, place l’Iran face au défi de sa réorganisation interne. Cette disparition s’ajoute à celle du Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, et redessine l’architecture du pouvoir à Téhéran face aux offensives israéliennes et américaines débutées fin février.

Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, la ligne de commandement iranienne traverse une phase de transition inédite. Mojtaba Khamenei a été désigné pour succéder à son père en tant que Guide suprême. Toutefois, des responsables américains indiquent qu’il serait blessé, tandis que les experts géopolitiques soulignent son absence d’expérience exécutive.

Face à cette série d’assassinats ciblant de hauts responsables iraniens, incluant également le commandant du Bassidj Gholamreza Soleimani, l’identité du successeur d’Ali Larijani n’est pas publiquement établie. Barbara Slavin, chercheuse au Stimson Center, a expliqué à Al Jazeera qu’il pourrait être dans l’intérêt de l’Iran de ne pas nommer officiellement de remplaçant afin de ne pas en faire une nouvelle cible. Des figures politiques et militaires conservent néanmoins une influence majeure, à l’image de Mohammad Bagher Ghalibaf (président du Parlement), Saeed Jalili, Ali Akbar Salehi, Hassan Rouhani ou encore Mohsen Rezaie, récemment nommé conseiller principal de Mojtaba Khamenei.

Malgré l’élimination de son sommet hiérarchique, l’effondrement de l’appareil d’État espéré par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et Donald Trump n’est pas le scénario privilégié par les analystes. Le maintien des opérations repose sur un système décentralisé qualifié de « défense en mosaïque ». Reza H. Akbari, historien à l’Institute for War and Peace Reporting, précise que ce mécanisme accorde une large autonomie aux commandants régionaux et provinciaux de l’appareil militaire.

Cependant, la disparition d’Ali Larijani, figure clé des négociations nucléaires avec l’Occident, modifie la nature même de l’État. En éliminant les officiels disposant de l’autorité nécessaire pour amorcer une désescalade, cette campagne d’assassinats favorise une nouvelle dynamique interne. Une génération plus jeune, formée lors des conflits en Syrie et en Irak, prend l’ascendant. L’appareil d’État se militarise de façon accélérée, reléguant les diplomates au second plan au profit exclusif des figures du renseignement, de l’armée et de la sécurité.

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