Élections locales : Mouhamadou Makhtar Cissé attend le décret présidentiel

Les services du ministère de l’Intérieur se disent prêts, mais la date des prochaines élections locales n’est pas fixée. Mouhamadou Makhtar Cissé a assuré que les préparatifs placés sous son autorité étaient à jour, alors que les mandats des maires et des conseillers départementaux issus du scrutin du 23 janvier 2022 doivent être renouvelés au plus tard le 23 janvier 2027.

Cette incertitude nourrit déjà les démarches politiques. Pastef a adressé une demande formelle au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique pour réclamer l’ouverture des opérations électorales. Le courrier a également été transmis au président de la République et à la Commission électorale nationale autonome (Cena), alors qu’aucune date de scrutin n’a été arrêtée.

Le ministre a distingué les tâches de son département de celles des autres autorités. Il a cité la Direction générale des élections, la Direction de l’automatisation du fichier et l’administration territoriale parmi les structures mobilisées pour organiser le scrutin. « Nous sommes silencieux parce que nous travaillons. On n’a pas besoin de parler », a-t-il déclaré.

Dans son compte rendu, Rts rapporte que Mouhamadou Makhtar Cissé présente le fichier électoral comme étant sous contrôle et la Direction générale des élections comme prête. Il a aussi rappelé que le déclenchement du processus passe par un décret présidentiel, suivi d’actes administratifs pris selon les règles applicables. Le ministre a dit s’engager à garantir la transparence et l’intégrité du dispositif.

Mais l’absence d’actes officiels alimente les interrogations sur le calendrier concret. Taxawu Senegaal a notamment pointé un retard dans le lancement des opérations de révision du fichier et exprimé des inquiétudes sur la sécurité des données. La formation de Khalifa Sall met ainsi en cause la capacité de l’administration à enclencher les étapes nécessaires dans les délais, tandis que le ministère affirme que le dispositif est prêt.

La préparation des élections locales reste donc liée à la fixation du calendrier et aux actes qui doivent l’accompagner. Interrogé sur le délai du 20 août dernier pour fixer le montant de la caution, le ministre n’a pas avancé de date pour la publication des décisions attendues. Il a plutôt appelé les acteurs concernés à poursuivre les échanges.

Le débat s’inscrit dans une histoire de reports récurrents : depuis 1984, au moins cinq scrutins territoriaux ont été repoussés, au nom notamment de réformes institutionnelles ou de crises politiques. Cette répétition donne un relief particulier aux appels à ouvrir rapidement les opérations électorales, alors que les élus locaux actuels doivent voir leur mandat renouvelé au plus tard le 23 janvier 2027.

Sur un éventuel décalage, Mouhamadou Makhtar Cissé n’a pas annoncé de report. Il a évoqué des élections « d’ici la fin de l’année 2027, vraisemblablement », ajoutant que l’Assemblée nationale pouvait décider autrement. Cette échéance évoquée par le ministre se situe après la date limite de renouvellement des mandats issue du scrutin de 2022. Il a également rappelé que les élus avaient exercé leurs fonctions pendant une période proche de sept ans.

Le ministre a enfin indiqué que des partis politiques avaient saisi la Cour suprême au sujet des dispositions électorales.

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