Les électeurs hongrois se rendent aux urnes ce dimanche pour des élections législatives décisives. Après seize années passées à la tête du gouvernement, le parti de Viktor Orban fait face à une contestation électorale portée par une opposition qui progresse dans les sondages.
Près de huit millions de citoyens sont appelés à choisir la future direction de ce pays de 10 millions d’habitants. Face au dirigeant sortant se dresse Peter Magyar, à la tête du parti de centre-droit Tisza. Selon les dernières enquêtes d’opinion, cette formation devance actuellement le Fidesz de Viktor Orban et se positionne pour remporter une majorité au Parlement.
Ancien partisan de Viktor Orban, Peter Magyar, avocat de 45 ans, a émergé sur la scène politique en 2024 à la suite de manifestations liées à une grâce présidentielle dans une affaire de maltraitance d’enfants. S’il maintient une ligne stricte sur l’immigration, le candidat promet de restaurer les relations avec l’Union européenne. Son programme inclut notamment la récupération de 18 milliards de dollars de fonds européens, actuellement gelés par Bruxelles en raison de préoccupations concernant l’État de droit et les institutions démocratiques.
La campagne a également pris une dimension internationale. Viktor Orban a récemment reçu le soutien de Donald Trump, ainsi que la visite à Budapest de JD Vance. Toutefois, Al Jazeera indique que cet appui de la Maison Blanche pourrait avoir coûté des voix au dirigeant hongrois, dans un contexte de frustration de la population face à la hausse des prix et à la guerre en Iran.
Sur le dossier ukrainien, Viktor Orban a régulièrement utilisé son veto pour bloquer les financements européens destinés à Kiev. Lors d’un rassemblement à Szekesfehervar, il a résumé l’enjeu électoral par la formule : « C’est un choix entre moi ou Zelensky ». Une rhétorique qui, selon les témoignages recueillis sur le terrain par Al Jazeera, rencontre des limites dans certains bastions traditionnels du Fidesz, comme la ville de Sumeg, où des électeurs mettent en avant les défaillances du système de santé et des problèmes de corruption.
L’issue du scrutin reste conditionnée par la complexité du système électoral hongrois. En 2024, des modifications des limites des 106 circonscriptions ont été opérées par le pouvoir en place, réduisant notamment de 18 à 16 le nombre de districts à Budapest, une zone généralement favorable à l’opposition. Sur les 199 sièges du Parlement, 93 sont attribués selon les résultats globaux des partis, une répartition qui pourrait avantager la formation au pouvoir. Le jour du vote, des centaines de volontaires seront déployés dans les bureaux pour surveiller le déroulement du scrutin, tandis que les partisans du Fidesz continuent de miser sur les politiques de soutien aux familles mises en place par le gouvernement.