Le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est réuni ce mercredi 8 avril pour un débat consacré à la protection des travailleurs humanitaires dans les zones de conflit à travers le monde. Face à la multiplication des incidents mortels sur plusieurs continents, les hauts responsables de l’organisation ont dressé un état des lieux particulièrement sombre de la sécurité des personnels déployant l’aide d’urgence.
Selon les informations relayées par IGFM, le secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher, a évoqué un véritable « effondrement » de la protection garantie par le droit international. Les données présentées devant le Conseil révèlent que plus de 1 000 membres du personnel humanitaire ont perdu la vie au cours des trois dernières années. Ce bilan global inclut 560 victimes à Gaza et en Cisjordanie, ainsi que 25 en Ukraine. La tendance s’accélère : 326 humanitaires ont été tués rien que depuis le mois de janvier.
L’Afrique concentre une part importante de ces pertes. Les rapports détaillent 130 morts au Soudan, 60 au Soudan du Sud et 25 en République Démocratique du Congo (RDC). L’ambassadeur américain Jeffrey Bartos a d’ailleurs qualifié le Soudan du Sud d’endroit parmi les plus dangereux au monde pour ces travailleurs, rappelant la destruction en février de deux structures de santé qui privent désormais 250 000 personnes de soins.
En RDC, la mort de Karine Buisset, employée de l’Unicef tuée le 11 mars par une frappe dans l’est du pays, a été mise en lumière. À ce sujet, le représentant britannique Archie Young a alerté sur l’utilisation croissante des drones par des acteurs armés ignorant le droit international, une méthode qui engendre des conséquences mortelles en RDC, au Soudan et en Ukraine. Le diplomate américain a pour sa part appelé les autorités congolaises, le Rwanda et l’AFC/M23 à garantir la sécurité du personnel sur le terrain.
Enfin, le responsable de la sécurité à l’ONU, Gilles Michaud, a identifié le facteur qui aggrave cette situation : l’impunité. Notre rédaction note que, selon son rapport, les auteurs de ces attaques mortelles sont rarement identifiés publiquement et encore moins traduits en justice.