Le député Guy Marius Sagna alerte sur les difficultés financières des écoles élémentaires publiques au Sénégal.
S’appuyant sur la réponse du ministre de l’Éducation nationale à une interpellation parlementaire, il dénonce le manque de moyens de fonctionnement des établissements et appelle le gouvernement à garantir les conditions d’une éducation publique gratuite et équitable.
Texte in extenso:
L’ÉCOLE ÉLÉMENTAIRE PUBLIQUE SÉNÉGALAISE FINANCIÈREMENT ASPHYXIÉE NE DOIT PAS ÊTRE SACRIFIÉE
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La situation des écoles élémentaires publiques nous préoccupe. Les écoles élémentaires publiques sont celles où vont les filles et fils des paysans, des ouvriers, des pêcheurs et autres sénégalais appartenant aux couches les plus modestes de la population. Les écoles élémentaires publiques n’ont pas de budget de fonctionnement ni de frais d’inscription.
Résultats : il a circulé l’information selon laquelle dans des écoles à Louga, il est demandé aux parents d’élèves de donner 200 FCFA par élèves sinon les élèves ne composent pas.
Nous avons interpellé le gouvernement.
Le ministre de l’éducation nationale a répondu. Il dit que : dans les écoles élémentaires Artillerie Nord et Marbatt, les parents d’élèves ont accepté de cotiser 200 FCFA par an et par élèves pour appuyer l’impression et la reprographie des épreuves des évaluations.
Nous partageons avec vous sa réponse.
Le ministre de l’éducation nationale ajoute : « Les directeurs n’ayant pas de budget de fonctionnement, ni de frais d’inscription (interdits dans les écoles élémentaires) sont obligés de faire cotiser les parents pour supporter les frais de reprographie des épreuves. À préciser que certaines écoles ne disposent pas d’imprimante ni de photocopieuse.
Celles qui en disposent ont des difficultés pour avoir les intrants : papier et encre. Parfois, l’appui attendu des partenaires comme les collectivités territoriales n’est pas reçu.
Par contre, il n’y a jamais eu d’interdiction de composer pour un élève. Et il n’y a jamais eu d’élèves qui ne composent pas dans aucune école. »
Nous avions interpellé le ministre de l’éducation nationale relativement aux conséquences de l’arrêté n°007430 du 27 mars 2023 disposant en son article 2 que les frais d’inscription sont gratuits dans tous les établissements de l’enseignement public préscolaire et élémentaire. Cette mesure vise l’accès équitable à l’éducation de base. Et nous la soutenons.
Le ministre de l’éducation nationale en répondant à notre question écrite avait annoncé que les 9002 écoles élémentaires publiques allait recevoir une enveloppe financière en contrepartie de la gratuité de l’inscription. Plusieurs écoles m’ont dit n’avoir rien reçu.
Les accords entre le FMI et le gouvernement du Sénégal ne vont pas améliorer la situation s’ils sont appliqués.
L’école élémentaire publique sénégalaise ne doit pas être abandonnée par le gouvernement du Sénégal. Les filles et fils du Sénégal issus des couches populaires ne doivent pas être dans une école élémentaire au rabais.

