À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, la diplomatie française a dressé un constat alarmant de la situation géopolitique mondiale. S’exprimant à Paris, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a plaidé pour une implication accrue des femmes dans la résolution des conflits, tout en dévoilant une nouvelle feuille de route nationale.
Lors d’une intervention au Centre de conférences du ministère, dont les propos ont été rapportés par l’agence Anadolu, le chef de la diplomatie a dépeint un contexte international particulièrement tendu. « Notre monde s’embrase. La guerre se répand comme une traînée de poudre », a-t-il affirmé. Il a notamment pointé du doigt l’offensive russe en Ukraine, qualifiée de « guerre d’agression injustifiée », ainsi que la persistance du conflit au Moyen-Orient, où la perspective de deux États reste, selon lui, menacée par les partisans du rejet.
Face à cette multiplication des crises, la France a officiellement annoncé le lancement de son nouveau plan national d’action intitulé « Femmes, Paix et Sécurité ». Ce programme, qui s’étendra sur la période 2026-2030, vise à renforcer l’application des résolutions des Nations unies concernant la participation féminine aux processus de paix. Pour Jean-Noël Barrot, la présence des femmes à la table des négociations augmente significativement les chances d’aboutir à des accords stables. Il a illustré ce propos en saluant l’engagement de figures historiques telles que la militante guatémaltèque Rigoberta Menchú et l’ancienne présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf.
Le discours a également été l’occasion de cibler spécifiquement les violations des droits humains dans deux pays. Le ministre a dénoncé le système de discrimination légale en Iran, rappelant la figure de Mahsa Amini, décédée en 2022 et devenue le visage d’une révolte populaire. La situation en Afghanistan a également été fermement condamnée, le responsable politique accusant les talibans d’effacer les femmes de la vie publique et du monde.
La cérémonie s’est achevée par la remise d’un prix portant le nom de Simone Veil, figure emblématique de la lutte pour les droits des femmes en France. À cette occasion, le ministre a réaffirmé le soutien de Paris à toutes celles qui s’engagent pour la paix et la justice à travers le monde.