Double incendie à Médinatoul Salam : l’élément extrait d’un groupe WhatsApp qui pousse le parquet à durcir le ton

Un différend foncier ayant dégénéré en actes de destruction volontaire est actuellement sur la table du Tribunal de grande instance de Mbour. Placée en détention provisoire, une figure entrepreneuriale locale fait face à de graves accusations après la destruction par le feu de plusieurs installations à Médinatoul Salam. Si l’origine du conflit repose sur la revendication d’une même parcelle, les éléments versés au dossier ont donné à l’affaire une dimension criminelle inattendue.

Au cœur de cette procédure s’affrontent O. Diallo, chef d’entreprise, et C. Gaye. D’après les informations relayées par le site Kawtef, citant L’Observateur, les deux hommes se disputent la légitimité d’un terrain. O. Diallo fonde sa revendication sur un don verbal que lui aurait fait feu Cheikh Béthio Thioune en 2014, tout en reconnaissant à la barre ne disposer d’aucune documentation administrative. Face à lui, C. Gaye présente des titres de propriété formels et avait déjà entamé des travaux de construction sur le site.

La confrontation juridique a laissé place à la violence physique au mois de février. Après une première altercation verbale, O. Diallo est accusé d’être passé à l’acte le lendemain. Vers 14 heures, il aurait forcé l’entrée du domicile de son rival pour y bouter le feu, causant de lourds dégâts matériels. L’escalade s’est poursuivie le soir même : aux alentours de 21 heures, la case abritant le vigile du chantier a été aspergée d’essence puis incendiée. Le gardien n’a eu la vie sauve qu’en prenant la fuite in extremis.

L’enquête menée par la gendarmerie a permis d’écarter la thèse du coup de sang spontané. Les enquêteurs ont mis la main sur des échanges issus d’un groupe WhatsApp où le projet d’incendie a été discuté avant les faits. Les conversations révèlent d’ailleurs qu’un des membres du groupe, effrayé par la tournure des événements, avait tenté d’alerter la victime de l’imminence de l’attaque. Ces captures d’écran, couplées à des vidéos soumises par le plaignant, appuient solidement la thèse de la préméditation.

Lors de sa comparution, O. Diallo a systématiquement nié son implication dans les deux départs de feu. Cependant, face à la matérialité des preuves numériques et à la gravité des actes, le procureur de la République a pris une décision radicale. Le maître des poursuites a requis l’incompétence du tribunal correctionnel pour juger l’affaire en l’état, exigeant l’ouverture d’une information judiciaire. Cette procédure vise à confier le dossier à un juge d’instruction pour des qualifications pénales beaucoup plus lourdes. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré et se prononcera sur cette réquisition le 17 mars prochain.

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