Dossier iranien : critiquée par Donald Trump, l’Australie révèle la véritable requête militaire de Washington

Les pressions diplomatiques s’intensifient autour de la sécurisation du Moyen-Orient. Alors que le président américain Donald Trump a publiquement reproché à l’Australie son manque d’implication face à l’Iran, le gouvernement de Canberra a tenu à clarifier la nature exacte de sa contribution militaire, dissipant ainsi un malentendu sur les attentes de Washington.

La passe d’armes a débuté vendredi lors d’une intervention de Donald Trump sur la chaîne Sky News Australia. Le président américain s’est dit « très surpris » par l’attitude de Canberra, affirmant que l’Australie avait opposé une fin de non-recevoir à une demande d’intervention. « Qu’ils s’impliquent… j’ai été un peu surpris qu’ils disent non… nous leur disons toujours oui », a-t-il déclaré. Face à ces propos, le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a répliqué en assurant que son pays « a fait ce qu’on nous a demandé ». Il a par ailleurs insisté sur le fait que le maintien de l’ouverture du détroit d’Ormuz demeure « crucial », exhortant l’Iran à cesser ses attaques.

La réponse la plus détaillée est venue du ministère australien de la Défense. Richard Marles, le ministre de tutelle, a apporté des précisions factuelles sur les échanges avec les États-Unis. Contrairement aux allégations évoquant le refus de déployer un navire de guerre dans le détroit d’Ormuz, il a souligné que Canberra n’avait reçu aucune requête de ce type de la part de Washington. La demande américaine portait spécifiquement sur un appui à la défense des États du Golfe. Pour y répondre, l’Australie a mobilisé un radar aéroporté E-7 Wedgetail, déployé initialement suite à une demande des Émirats arabes unis. « Cela soutient pleinement les efforts défensifs que les États-Unis recherchaient », a affirmé le ministre.

Cette clarification intervient dans un climat régional particulièrement volatil, comme le rappelle l’agence de presse Anadolu. Le détroit d’Ormuz fait actuellement l’objet d’un blocus quasi total par Téhéran, perturbant une voie maritime où transitent habituellement 20 millions de barils de pétrole par jour et près de 20 % du gaz naturel liquéfié mondial. Cette fermeture est une mesure de rétorsion directe aux opérations militaires conjointes lancées par Israël et les États-Unis le 28 février dernier, une offensive ayant causé la mort de plus de 1 300 personnes en Iran, dont l’ancien Guide suprême, Ali Khamenei.

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