Djiby Diallo au colloque de Dakar : aucun pays n’est à l’abri des cybermenaces

Des institutions publiques sénégalaises ont déjà été touchées par des cyberattaques, alors que la protection du numérique ne concerne pas seulement les services de sécurité. Le criminologue Djiby Diallo estime qu’aucun pays ne peut se prévaloir d’une protection totale face à ces menaces.

Cette alerte a été formulée lors d’un colloque international organisé à Dakar les 16 et 17 octobre 2026 pour les cinquante ans des Transmissions des Armées. Civils et militaires, universitaires, diplomates et acteurs privés ont échangé sur la cybercriminalité, l’intelligence artificielle et la souveraineté numérique. La rencontre était portée conjointement par la Direction des Transmissions et de l’Informatique des Armées et Africa Cyber Network.

La prise de parole de Djiby Diallo sur la cybersécurité au Sénégal s’inscrit dans un contexte où la DGID, la DAF et le Trésor public ont déjà été ciblés. Le 11 mai 2026, une attaque contre le Trésor avait entraîné l’exposition d’environ 70 Go de données sur le dark web. Comme l’écrit LII Quotidien, le criminologue rappelle que les risques touchent aussi bien les administrations et les entreprises que les citoyens.

Pour Djiby Diallo, les dispositifs en place restent nécessaires, mais ne suffisent pas face à des menaces en évolution constante. Il recommande de faire découvrir la cybersécurité dès l’enfance et de l’intégrer aux formations des écoles de police, de gendarmerie, des douanes et des armées.

Former et développer des outils locaux

L’intelligence artificielle peut contribuer à repérer les menaces et à traiter des données, mais elle pose aussi la question de la dépendance aux technologies conçues à l’étranger. Djiby Diallo appelle à investir dans la recherche et la cryptologie, et à développer des solutions adaptées aux besoins du Sénégal ainsi que des compétences locales en intelligence artificielle.

Il propose également de réunir au sein d’une agence nationale les missions liées à la cybersécurité, à la cybercriminalité, à l’investigation numérique et à l’IA, actuellement réparties entre plusieurs administrations. Cette structure permettrait, selon lui, de mettre en commun les moyens. Le criminologue évoque aussi les drones et les systèmes antidrones, et encourage chercheurs et étudiants à concevoir des solutions innovantes.

Hortence Samb-Mayeres, fondatrice d’Africa Cyber Network, souligne pour sa part que la transformation numérique suppose de protéger les infrastructures, les données et la souveraineté numérique. Elle défend les partenariats entre secteurs public et privé, estimant qu’aucun acteur ne peut relever seul ces défis.

Africa Cyber Network prévoit de poursuivre ses activités de formation, de prévention et de renforcement des compétences.

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