« Diversion » : une tribune décrypte le lien entre le vote de l’article 319 et un accord signé avec Donald Trump

L’adoption récente par l’Assemblée nationale de la réforme de l’article 319, qui porte la peine maximale pour les relations homosexuelles à dix ans d’emprisonnement et criminalise l’apologie de l’homosexualité, s’inscrit dans un contexte socio-économique complexe. Dans une tribune publiée par Sud Quotidien, la politiste Dr Rama Salla Dieng propose une lecture critique de ce vote, qu’elle perçoit comme une manœuvre politique destinée à masquer une crise financière et universitaire, tout en s’alignant sur de nouveaux enjeux géopolitiques.

Selon la chercheuse, la validation unanime de cette loi le 12 mars 2026 n’est pas une simple coïncidence de calendrier. Elle intervient au moment où le gouvernement fait face à une dette publique massive, dissimulée sous l’ancien régime et estimée entre 119 et 132 % du PIB en 2024. Cette situation budgétaire a entraîné le gel d’une facilité de crédit de 1,8 milliard de dollars par le FMI et des coupes budgétaires touchant dix-neuf agences d’État. Pour Dr Dieng, l’exécutif utilise cette législation morale comme une « diversion » face à l’impossibilité de financer ses promesses électorales et de résoudre la crise fiscale.

La tribune met également en parallèle ce vote avec les vives tensions qui secouent le milieu universitaire. Le 9 février 2026, l’étudiant en médecine Abdoulaye Ba a perdu la vie lors d’une intervention policière faisant suite à des manifestations pour le paiement des bourses. Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a fermement condamné cet événement, rappelant qu’il s’agit du sixième étudiant tué dans des circonstances similaires en vingt-cinq ans. La politiste souligne que, le jour même de ce décès, la gendarmerie procédait à l’arrestation de douze hommes pour actes contre nature, marquant le début d’une vague d’arrestations ayant conduit au moins 37 personnes en détention provisoire début mars.

Sur le plan international, l’analyse relayée par Sud Quotidien met en lumière des tractations spécifiques. L’organisation à l’origine de la législation, And Samm Jikko Yi, aurait consulté en décembre 2024 MassResistance, un groupe conservateur basé au Massachusetts, pour définir ses tactiques de campagne. De plus, au lendemain du vote de l’article 319, Dakar a signé un mémorandum d’entente de 90,4 millions de dollars avec les États-Unis. Cet accord bilatéral de santé, conclu sous l’administration de Donald Trump, exclut délibérément les programmes liés au genre, affectant directement la prise en charge du VIH au sein des populations clés.

Enfin, Dr Rama Salla Dieng questionne la posture de l’exécutif actuel. Elle estime que le Président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko s’appuient sur cette loi pour maintenir leur ancrage populaire à moindre coût politique. Selon elle, cette approche permet d’éviter de rendre des comptes sur les violences universitaires et de contourner les réformes structurelles profondes qu’exige la situation économique du pays.

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2 commentaires

  1. Il vous faut vous demander qui parle?
    Cette bonne dame est engagée par Elle est notamment maîtresse de conférences (lecturer) en études africaines à l’Université d’Édimbourg en Écosse.
    Elle recoit des financements de l’exterieur pour son festival . CINEFEMFEST, un festival qui célèbre le féminisme a l’occidental qui va a l’encontre de nos valeurs.
    Ces universités comme celles d’Edinburg reçoivent des financements publics ou via des programmes de recherche internationaux.
    Cette loi 319 combat l’exploitation des enfants de rue liée spécifiquement à une orientation sexuelle.
    Certaines organisations civvies ou personnalités voire chercheurs sont “instrumentalisés”.

    Le débat sur l’opportunité de cette loi initiée par Sama Jikoyi sur la formulation des lois, repose sur la légitimité de lutter contre l’exploitation des enfants (qui fait consensus).

    Alors, les liens avec des financements internationaux existent dans le monde académique, mais ils ne suffisent pas à expliquer une position politique sans preuve. Mais ils permettent d’avoir une autre grille d’analyse sur certaines positions dans le debat public.

    • ni que ses positions sont dictées par des bailleurs.

  2. Partie II:

    •Ou qu’une chercheuse est “instrumentalisée”,

    C’est un débat bien documenté à l’échelle internationale que la dépendance financière peut créer des formes d’alignement implicite avec certaines visions, notamment en matière de gouvernance, de droits ou de politiques publiques.

    Dès lors, poser la question de l’influence des financements n’est ni une accusation gratuite ni un procès d’intention ; c’est une exigence de transparence et de rigueur intellectuelle.

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