Disparition de deux navires vers Cuba : les garde-côtes américains reviennent sur leur annonce initiale

Les marines mexicaine et cubaine sont actuellement mobilisées pour retrouver deux voiliers disparus en mer. Ces embarcations, qui transportent neuf personnes, faisaient partie d’un convoi humanitaire destiné à pallier les pénuries sévères frappant l’île caribéenne.

Partis de Isla Mujeres au Mexique le 20 mars, les deux navires devaient initialement accoster à La Havane mardi ou mercredi dernier. Face à leur absence prolongée, des opérations de recherche ont été lancées conjointement par le Mexique et Cuba. Le président cubain Miguel Diaz-Canel a publiquement exprimé son inquiétude, soulignant que son pays déploie tous les moyens possibles pour secourir les équipages.

Dans le cadre de ces opérations, les garde-côtes américains ont été contraints de rectifier une information cruciale. Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, les autorités maritimes américaines ont dû retirer une précédente déclaration faite à l’AFP, dans laquelle elles affirmaient que les bateaux avaient été localisés. Elles indiquent désormais maintenir leur vigilance et se tenir prêtes à fournir un soutien aux équipes mexicaines et cubaines si la demande leur en est faite.

Cette expédition maritime s’inscrit dans un contexte de crise profonde à Cuba. Le convoi, organisé par l’initiative « Nuestra America », vise à apporter une assistance face aux restrictions imposées par les États-Unis. Depuis le mois de janvier, l’approvisionnement en pétrole étranger de l’île est quasiment à l’arrêt. Cette situation fait suite à une opération militaire américaine ciblant le président vénézuélien Nicolas Maduro, qui a eu pour conséquence de priver Cuba du soutien énergétique de son allié régional.

L’administration de Donald Trump a par la suite intensifié cette pression. Le 29 janvier, l’ancien dirigeant américain a désigné Cuba comme une menace pour la sécurité nationale, promettant d’imposer des sanctions à tout pays fournissant du pétrole à l’île, directement ou indirectement. Une ligne diplomatique stricte réitérée vendredi par Marco Rubio, qui a ouvertement conditionné tout investissement à un changement de système politique à La Havane.

Les conséquences matérielles sur le terrain sont directes. Le réseau électrique cubain, fortement dépendant des énergies fossiles, subit des défaillances massives. L’île a connu sa deuxième panne généralisée en moins d’une semaine, suscitant l’alarme des professionnels de santé quant à la survie des patients en soins intensifs. L’ONU a d’ailleurs mis en garde contre un risque d’effondrement humanitaire.

Face à cette urgence, plusieurs pays ont intensifié leurs envois d’aide. Le Mexique, sous l’impulsion de la présidente Claudia Sheinbaum, a affrété des navires de ravitaillement. Un premier bateau du convoi « Nuestra America » est d’ailleurs arrivé à bon port mardi, livrant 14 tonnes de vivres et de médicaments ainsi que 73 panneaux solaires. Les organisateurs de l’expédition maintiennent leur confiance en la capacité des marins disparus, décrits comme des professionnels expérimentés et équipés de matériel de signalisation, à rejoindre La Havane sains et saufs.

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