Le Conseil des ministres du mercredi 1er juillet 2026 a marqué un tournant dans la gouvernance du Sénégal. Le président Bassirou Diomaye Faye a limogé simultanément quatre directeurs généraux de structures hautement stratégiques, intervenant dans les secteurs minier, des hydrocarbures et de l’entrepreneuriat : la DER/FJ, la Lonase, Petrosen Holding SA et la Somisen.
Les personnes écartées — Aïda Mbodj (DER/FJ), Toussaint Manga (Lonase), Alioune Guèye (Petrosen Holding) et Ngagne Demba Touré (Somisen) — sont toutes des lieutenants de premier plan d’Ousmane Sonko. Leur loyauté à l’ancien Premier ministre, limogé le 22 mai 2026 et devenu président de l’Assemblée nationale, n’a jamais faibli. Selon Le Dakarois 221, cette décision est perçue comme une campagne de « désonkisation » de l’administration publique.
Le limogeage d’Ousmane Sonko, survenu après la révélation d’une dette cachée de près de 11 milliards de dollars, avait déjà plongé le pays dans une crise politique. Sonko avait alors réagi par un message laconique sur X : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui. »
Cette nouvelle vague de limogeages suscite deux lectures opposées. Pour les partisans de Sonko, il s’agit d’une purge visant à affaiblir les relais financiers et d’influence de leur leader. À l’inverse, les légitimistes rappellent que le président, détenteur du suffrage universel, a le droit de s’entourer de personnes de confiance pour mettre en œuvre son agenda.
En écartant les fidèles de son ancien mentor, Diomaye Faye affirme son autorité exclusive et met fin à des mois de bicéphalisme au sommet de l’État. Il montre qu’il est le seul maître à bord, sans interférence d’un autre centre de pouvoir.
Cette reprise en main intervient alors que le paysage politique sénégalais se recompose en profondeur. Les prochaines échéances électorales s’annoncent déjà décisives.
