« Les populations seront privées de 792,1 milliards F CFA de projets et de réalisations », estime le Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (FRAPP). Dans un communiqué publié le vendredi 6 novembre 2026, le mouvement s’en prend aux orientations du projet de loi de finances initiale pour 2027 et dénonce une politique d’austérité dont les effets pèseraient, selon lui, sur les habitants.
Le débat intervient dans un contexte de fortes tensions budgétaires entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale. Le projet de budget 2027 prévoit un déficit de 4,7 % du PIB, contre 7,6 % en 2026, avec 6 012,1 milliards de FCFA de recettes et 7 363,7 milliards de dépenses. Par rapport à la loi de finances 2026 ajustée, les recettes progresseraient de 2,8 %, tandis que les dépenses reculeraient de 2,9 %. Ces objectifs sont contestés alors que le Parlement a rejeté le projet de loi de finances rectificative pour 2026. Le 30 octobre, le groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes avait annoncé qu’il ne voterait pas le texte en l’état, mettant notamment en cause la sincérité budgétaire.
Le FRAPP avait déjà jugé trop optimistes les prévisions du gouvernement lors de l’examen du budget 2026 et estimé que l’arrivée d’un collectif budgétaire était prévisible. À la veille du Débat d’orientation budgétaire, le mouvement a appelé les députés à placer la dette publique, les relations avec le Fonds monétaire international (FMI) et la souveraineté monétaire au cœur des discussions. Il conteste aussi l’argument d’un recentrage des investissements sur les projets à fort impact économique et social. Les autorités avaient déjà sélectionné des projets à partir de 2024, rappelle-t-il, ce qui rend, selon lui, de nouvelles coupes difficiles à justifier.
Dans son analyse du budget 2027, le FRAPP relève que le gouvernement prévoit de plafonner les subventions à l’énergie à 1 % du produit intérieur brut (PIB) par an. La réforme vise à réduire progressivement les aides généralisées et à leur substituer un mécanisme de ciblage. Xibaaru rapporte que le mouvement demande des précisions sur les critères retenus et les protections prévues pour les populations.
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L’organisation affirme qu’aucune étude rigoureuse sur ces subventions n’a été présentée aux citoyens et qu’aucune stratégie détaillée ne permet de comprendre comment le ciblage serait appliqué. Elle estime qu’une réforme de cette ampleur exige de la transparence et un véritable débat public.
Concernant le service de la dette, le FRAPP réclame un examen des conditions de sa constitution, l’identification des responsabilités et des recommandations. Il qualifie un audit citoyen de nécessité pour l’économie sénégalaise. Le mouvement juge par ailleurs que le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS) ne suffit pas à répondre à la crise et estime que les partenaires financiers cherchent d’abord à protéger leurs intérêts et à obtenir le remboursement de leurs créances.
Le communiqué relève également que le projet de budget ne mentionne pas l’annonce de la CEDEAO sur le lancement de la monnaie unique éco en 2027. Cette annonce avait été faite lors du sommet de l’organisation, le 19 juillet 2026, en Sierra Leone. Le FRAPP invite les députés à demander au gouvernement quelle est sa position, quelles seraient les implications budgétaires et institutionnelles d’un lancement et quel calendrier de concertation est prévu avec la CEDEAO.
Le FRAPP s’oppose enfin à la formule actuelle de l’éco, qu’il estime ne pas constituer, en l’état, une véritable voie vers la souveraineté monétaire.





