Détroit d’Ormuz : Londres forme une coalition de 40 pays face à l’Iran et impose une limite stricte à son action

Le blocage du détroit d’Ormuz, point de passage majeur pour le transport mondial de pétrole, entraîne une vaste mobilisation diplomatique. Alors que les attaques liées à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran paralysent presque totalement le trafic commercial dans cette zone, une nouvelle initiative internationale se met en place pour tenter de rétablir la navigation.

Ce jeudi, le Royaume-Uni rassemble les ministres des Affaires étrangères de quarante nations lors d’un sommet virtuel présidé par la cheffe de la diplomatie britannique, Yvette Cooper. L’objectif affiché est d’évaluer l’ensemble des mesures diplomatiques et politiques permettant de rouvrir cette voie maritime. Les participants, parmi lesquels figurent la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Canada et les Émirats arabes unis, ont signé une déclaration exigeant l’arrêt des tentatives de blocage par Téhéran.

Les États-Unis ne prennent pas part à cette rencontre. Cette absence intervient après les récentes déclarations du président américain Donald Trump, qui a affirmé que la sécurisation de ce détroit ne relevait pas de la responsabilité de son pays, tout en réitérant ses menaces de retrait de l’OTAN. Selon le correspondant d’Al Jazeera à Londres, Rory Challands, la constitution de ce groupe de travail sert également à démontrer à l’administration américaine que les pays européens et leurs partenaires sont capables de s’organiser pour leur propre sécurité.

Si cette coalition rassemble des pays d’Europe, du Moyen-Orient ou encore d’Afrique comme le Nigeria, une ligne de conduite claire a été définie : aucune tentative d’ouverture du détroit par la force n’est envisagée. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a orienté les discussions vers des solutions strictement non militaires pendant que les combats se poursuivent. Une position partagée par le président français Emmanuel Macron, qui a publiquement qualifié d’irréaliste toute opération armée. Il a précisé qu’une telle démarche exposerait les navires aux capacités balistiques du Corps des gardiens de la révolution islamique.

Depuis l’intensification du conflit le 28 février dernier, les données de la société maritime Lloyd’s List Intelligence recensent 23 attaques directes contre des navires commerciaux dans le Golfe, ayant entraîné la mort de onze membres d’équipage. De son côté, le gouvernement iranien indique que le détroit d’Ormuz reste accessible aux navires considérés comme « non hostiles », affirmant que la fermeture ne vise que les bâtiments appartenant aux pays ennemis et à leurs alliés.

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