Depuis une mosquée de Khartoum, la garantie donnée par le général Burhan sur la situation sécuritaire au Soudan

Près de deux ans après le déclenchement des hostilités qui ont transformé la capitale soudanaise en champ de bataille, la question du retour des populations civiles reste un enjeu majeur et sensible. Alors que les combats contre les Forces de soutien rapide (FSR) se poursuivent dans plusieurs régions, le chef de l’armée soudanaise a profité d’une apparition publique pour tenter d’inverser la dynamique de l’exode. Depuis un lieu de culte situé au sud de Khartoum, Abdel Fattah al-Burhan a livré une analyse de la situation sécuritaire qui tranche avec la prudence observée par la communauté internationale.

C’est un message d’apaisement et de reconquête civile que le président du Conseil souverain a souhaité adresser ce vendredi. S’exprimant à l’issue de la prière dans une mosquée du quartier de Kalakla, Abdel Fattah al-Burhan a exhorté ses concitoyens à regagner leurs foyers, affirmant, selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, que la situation était désormais « sûre et stable ».

Cette déclaration intervient alors que le gouvernement cherche à réhabiliter les infrastructures de la capitale, largement désertée depuis le début du conflit en avril 2023. Le général Burhan a toutefois tenu à préciser la nature de cet appel : « Personne ne sera forcé de rentrer ». Il a insisté sur le caractère volontaire de ces retours, tout en exprimant le souhait de voir les familles réunies avant le début du mois de Ramadan. L’objectif affiché est de ne pas laisser le champ libre aux « voix qui cherchent à entraver les retours » et aux discours sceptiques quant à la capacité de l’armée à sécuriser la zone.

Une offensive diplomatique contre l’opposition civile

Au-delà de l’appel au retour, cette sortie médiatique a servi de tribune pour contester la légitimité de l’opposition en exil. Le chef de l’armée a vivement critiqué la tournée européenne effectuée depuis le 20 janvier par l’ancien Premier ministre Abdalla Hamdok et la coalition « Somoud ».

Le général Burhan a adressé une mise en garde explicite aux chancelleries occidentales accueillant cette délégation, affirmant que ce groupe « agit contre le peuple soudanais ». Cette posture ferme vise à délégitimer les actions diplomatiques de la coalition, qui tente de mobiliser la communauté internationale sur la gestion du conflit.

Démenti formel sur l’usage d’armes non conventionnelles

L’intervention du chef de l’armée a également permis de répondre aux graves accusations portées récemment devant les instances internationales. Lundi dernier, la coalition Somoud avait annoncé avoir rencontré Thomas Schieb, président du bureau exécutif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à La Haye, pour demander une enquête sur l’utilisation présumée d’armes chimiques par l’armée soudanaise.

Qualifiant ces allégations de sans fondement, Abdel Fattah al-Burhan a rejeté en bloc ces accusations, rappelant que l’armée demeure une institution nationale dont le mandat premier est la protection des civils. Sur le terrain, la situation reste complexe : si l’armée contrôle la majorité des 13 États du pays, y compris des parties de Khartoum, les FSR maintiennent leur emprise sur cinq États de la région du Darfour occidental.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Un commentaire

  1. Après le retrait des forces rapides des positions qu’elles tenaient des témoignages d’horreurs sont en train d’émerger. Il semble qu’il est possible que le gars soit le seul partenaire crédible à supporter et à aider pour mettre fin à la souffrance des soudanais.

Laisser un commentaire