En déplacement diplomatique à Addis-Abeba, le président turc Recep Tayyip Erdogan a profité d’une tribune conjointe avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed pour prendre position sur l’une des questions les plus sensibles de la région. Le chef de l’État a directement abordé la reconnaissance du Somaliland par Israël, marquant son désaccord avec une initiative qu’il juge contre-productive pour la stabilité locale.
Selon les informations rapportées par Anadolu, Recep Tayyip Erdogan a tenu à clarifier la position d’Ankara face à ce virage diplomatique. Alors qu’Israël est devenu le seul pays à reconnaître le Somaliland comme État indépendant, le président turc a affirmé que cette décision « ne bénéficierait ni au Somaliland ni à la Corne de l’Afrique ». Pour la présidence turque, cette reconnaissance isolée risque d’ajouter de la complexité à une zone déjà sous tension.
Au-delà de la critique directe envers Tel-Aviv, cette sortie médiatique a permis à Erdogan de définir une ligne rouge concernant la gestion des crises dans cette partie du continent. Il a exhorté les acteurs internationaux à ne pas transformer la Corne de l’Afrique en « une arène de rivalités pour les puissances étrangères ». Ankara plaide pour que les nations de la région élaborent elles-mêmes les solutions à leurs problèmes, sans interférence extérieure déstabilisatrice.
Cette prise de position politique s’appuie sur une présence économique substantielle. Le président turc a qualifié de « source de fierté » le niveau des relations bilatérales, rappelant que plus de 200 entreprises turques sont actives en Éthiopie. Ces investissements, chiffrés à 2,5 milliards de dollars, génèrent environ 20 000 emplois locaux, confirmant la stratégie d’ancrage continental de la Turquie, qui multiplie également ses points d’appui au Maghreb pour toucher le marché africain.