Une paralysie quasi totale s’est installée ce lundi matin sur les quais phocéens, prenant de court de nombreux passagers et opérateurs économiques. En cause, un mouvement social d’envergure initié par les marins de la CGT, qui a brusquement interrompu les rotations maritimes au départ et à l’arrivée de Marseille.
L’action, débutée aux aurores, cible un point névralgique des infrastructures portuaires : la passe nord. Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, des militants ont utilisé des embarcations de sauvetage appartenant aux compagnies Corsica Linea et La Méridionale pour obstruer physiquement cet accès stratégique. Depuis 6h30, aucun navire ne peut franchir ce barrage improvisé, figeant le trafic dans les deux sens.
Les conséquences de ce blocage sont immédiates et s’étendent bien au-delà des liaisons locales. Si le trafic vers la Corse est naturellement impacté, les lignes internationales subissent également le contrecoup de cette mobilisation. Des navires assurant la liaison avec le Maroc et l’Algérie sont actuellement à l’arrêt, incapables de quitter le port ou d’y accéder. Au total, cinq à six bâtiments se retrouvent piégés dans la rade de Marseille, tandis que deux autres sont bloqués en Corse. Le paquebot MSC Orchestra, opéré par la compagnie GNV, figure parmi les navires maintenus au mouillage, illustrant l’ampleur des perturbations.
Ce durcissement du conflit trouve sa source dans une inquiétude grandissante concernant l’avenir de l’emploi maritime français. Le syndicat, qui a déposé un préavis de 48 heures renouvelable, pointe du doigt la concurrence jugée déloyale des compagnies opérant sous pavillon international. Environ un millier de postes seraient menacés selon les représentants syndicaux, qui réclament l’établissement d’un programme commun entre les transporteurs historiques et dénoncent l’absence de dialogue avec les actionnaires.
Alors que le ministre français des Transports est attendu cette semaine dans la cité phocéenne, la CGT des marins a fait savoir que le mouvement, bien que ferme, restait réversible en fonction des réponses apportées par les autorités et les directions des compagnies concernées.