La région de Matam fait face à des défis persistants en matière de scolarisation, particulièrement au niveau élémentaire. Malgré des avancées dans les cycles supérieurs, le maintien des élèves dans les premières classes reste une préoccupation majeure pour les autorités éducatives locales.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, le taux d’abandon à l’élémentaire dans la région s’établit à 11,30 % pour l’année 2025. Ce chiffre franchit l’objectif de 9,50 % qui avait été fixé, plaçant Matam parmi les zones avec les plus forts taux de déperdition du pays. Les données mettent également en évidence une disparité entre les genres : 13,70 % des garçons abandonnent l’école à ce stade, contre 9,80 % des filles.
La situation s’améliore en revanche dans les autres cycles d’enseignement. Dans le secondaire général, la diminution des abandons est nette, le taux passant de 13,30 % en 2024 à 5,40 % en 2025. Le cycle moyen général enregistre pour sa part une légère évolution, avec un taux d’abandon réduit de 10,90 % à 10,70 %.
L’inspecteur d’académie de Matam, Mamoudou Oumar Guèye, justifie cette déperdition scolaire par plusieurs facteurs, tels que l’émigration, le manque d’infrastructures dans les zones enclavées et la mobilité des enseignants. Il relève également l’impact du nomadisme, particulièrement dans le département de Ranérou et dans le nord du département de Kanel. Dans ces secteurs, les mouvements réguliers des populations d’éleveurs obligent fréquemment les enfants à quitter les salles de classe pour suivre leurs familles.
Pour pallier le déficit de personnel, le ministère de l’Éducation a renforcé ses effectifs. Depuis la rentrée 2024-2025, la région bénéficie d’un meilleur équilibre entre les départs et les nouvelles affectations d’enseignants. Cet appui en ressources humaines a permis d’ouvrir de nouvelles structures, faisant notamment passer le nombre de cases préscolaires fonctionnelles de deux à cinq à Ranérou. Néanmoins, les récents mouvements de grève soulèvent des interrogations au niveau de l’inspection, leur intensification risquant de ralentir les progrès accomplis et de compromettre les objectifs globaux.