Défis sécuritaires et enjeux de développement inclusif – Par Cissé Kane NDAO*

Le Sénégal est présentement confronté à plusieurs urgences, parmi lesquelles celle de la sécurité, avec en première ligne la Police, chargée de trouver les solutions les plus efficaces en matière de la sécurisation des personnes et des biens.

Quelles stratégies alors mettre en œuvre pour juguler ce qu’il est convenu d’appeler l’insécurité galopante, sous le faisceau lumineux d’une presse avide de nouvelles sensationnelles et qui ébruite plus que de raison des événements tragiques qui finissent par installer au sein de la population une véritable panique ?

Il faut sous cet auspice repenser quoi qu’il en soit les rôles et missions de la police dans ce nouveau contexte.
Au lendemain des indépendances, nous avons en effet hérité d’une police mise en place par le système colonial et dont la principale mission était de réprimer toute velléité d’affirmation de soi ou de tentatives de déstabilisation du régime d’alors.

Le tout répressif et zéro prévention étaient son apanage, si bien que dans son positionnement d’aujourd’hui, elle semble en déphasage avec les besoins sécuritaires issus d’une urbanisation galopante et d’un accroissement démographique hors contrôle qui transforment nos principaux quartiers en zones de non droit, et installent le chaos amplifié par les médias à la recherche du sensationnel.

Il est donc urgent soit de convoquer les Etats généraux de la Sécurité soit de mettre en place un comité ad hoc dont la principale mission sera de réfléchir à la mise en place d’une nouvelle police moderne, ancrée dans les réalités socio culturelles et faisant de la prévention de proximité son principal credo.

En effet, il est constaté et vérifié par les statistiques que la recrudescence des crimes meurtres et autres actes de délinquance sont perpétrés dans leur écrasante majorité dans le premier cercle familial ou de quartier.
Cela est la conséquence d’attitudes découlant d’un défaut d’éducation dans les familles, car les parents ont dans ces quartiers précités renoncés depuis longtemps à leurs devoirs, par le fait d’une précarité qui les avilit et rogne leur autorité face à des jeunes en rupture de ban qui finissent par adopter un comportement de plus en plus violent jusqu’au point de leur faire commettre l’irréparable, ou de les faire basculer dans le banditisme de quartier, premier pas vers le grand banditisme avec les conséquences funestes que l’on constate, pour la société, pour leurs familles et pour eux-mêmes.

Le Sénégal ne pouvant malheureusement pas placer un policier à chaque coin de rue, et malgré le recrutement d’ASP, le défi sécuritaire reste entier et ne peut être relevé que par une interaction entre la Police, les acteurs du Système éducatif et es organismes de lutte contre le chômage des jeunes, fléau endémique qui exacerbe la situation dans les quartiers populaires.

La police doit donc réinventer sa mission, et changer radicalement de démarche. Cela nécessite une formation actualisée, et une approche sociologique maitrisée pour juguler le phénomène de la violence, en agissant avec les familles et les délégués de quartiers, pour que ces acteurs sociaux de premier plan soient de véritables relais et des vigies conscients de leur rôle d’alerte, afin que la prévention soit efficace.
C’est comme cela que les familles sénégalaises arriveront elles-mêmes à être les acteurs dynamiques de leur propre sécurité, en parfaite entente avec une Police qui devra être mise dans les conditions de remplir décemment son rôle.

Cette nouvelle approche sécuritaire de nature à améliorer la sécurité en luttant contre le crime et la délinquance est un des premiers jalons que l’Etat doit poser, pour transformer et pacifier ces quartiers dans le cadre d’une démarche inclusive dont l’objectif secondaire sera d’impulser le développement des communes en partant de ces espaces de vie partagés.

En effet, en associant les chefs de quartiers, l’Etat peut obtenir de chaque quartier, avec l’implication des comités de gestion ou de développement des quartiers des informations relatives non seulement aux besoins et attentes des populations, mais aussi des informations relatives aux différents corps de métiers disponibles dans ces espaces de vie.

Chaque projet de développement dans le quartier fera appel en priorité aux ressources humaines locales disponibles. Les populations elles-mêmes pourraient collaborer ensemble en fonction de leurs besoins de prestations.
Le recensement des formations qui intéressent ces jeunes de quartiers pourraient être pris en charge, et les prestataires de service, avec l’appui des acteurs institutionnels comme les 3FPT et surtout l’ONFP ainsi que la DER, suivraient alors avec des formations qualifiantes et diplômantes qui leur permettraient d’obtenir un travail, et de renoncer à la violence.

Le défi sécuritaire recouvre des enjeux hautement plus importants donc qui requièrent une approche pluridisciplinaire pour le régler, et impulser l’émergence de nos terroirs en partant du premier niveau de strate sociale, la famille, vers la première strate locale, le quartier, avant la Commune.
Cette problématique essentielle recoupe en tous points les objectifs du PSE, sur lequel le Président de la République Macky SALL fonde un espoir certain.

*Président A.DÉ.R

Un commentaire

Donnez votre opinion sur le sujet !
Matar

Ferme ta gueule puante suceur de sang traitre et renegat….

Publier un commentaire