Face à la prolifération des contenus générés par l’intelligence artificielle, l’Inde a décidé de durcir considérablement le ton envers les géants du numérique. Le gouvernement indien a annoncé une révision majeure de son cadre réglementaire, imposant aux plateformes sociales des obligations de réactivité inédites pour contrer la désinformation et les deepfakes. Ces nouvelles directives, qui modifient les règles technologiques de 2021, entreront en vigueur dès le 20 février.
Selon les informations relayées par Anadolu, citant le radiodiffuseur public All India Radio, la mesure phare de ce dispositif concerne le temps de réaction accordé aux plateformes. Jusqu’à présent, les réseaux sociaux disposaient de 36 heures pour retirer un contenu généré ou modifié par l’IA après signalement. Désormais, ce délai est drastiquement réduit à trois heures. Cette exigence s’applique dès réception d’une notification des autorités ou d’une décision de justice.
Outre cette accélération des procédures de retrait, les amendements imposent une identification visuelle stricte. Les plateformes doivent garantir que tout contenu généré par IA soit clairement signalé, avec une visibilité « proéminente » et « facilement perceptible » pour l’utilisateur. Cette disposition vise à lever toute ambiguïté sur la nature artificielle des images ou vidéos diffusées.
**Une protection renforcée pour les utilisateurs**
Le ministère de l’Électronique et des Technologies de l’information a également serré la vis concernant les plaintes émanant de particuliers. En cas de signalement par un individu, les intermédiaires ont l’obligation de « prendre toutes les mesures raisonnables et praticables » pour bloquer ou retirer l’accès au contenu incriminé dans un délai de deux heures. L’objectif affiché par le gouvernement est de garantir un internet « sûr, fiable et responsable », en ciblant particulièrement les contenus susceptibles d’entraîner des violences contre les femmes ou l’exploitation des mineurs.
Cette offensive réglementaire intervient dans un pays qui représente un marché numérique colossal. D’après les données de Statista, l’Inde comptait en octobre dernier la plus grande audience mondiale sur Facebook, avec plus de 403 millions d’utilisateurs, ainsi qu’une position dominante sur YouTube.
En marge de ces décisions politiques, le secteur privé indien s’aligne sur cette dynamique technologique. Le conglomérat Adani Group a annoncé un plan d’investissement de 100 milliards de dollars d’ici 2035. Ce projet vise à développer des centres de données alimentés par des énergies renouvelables et spécifiquement adaptés à l’IA, ambitionnant de doter l’Inde d’une « plateforme souveraine d’énergie et de calcul ». Ces annonces coïncident avec la tenue à New Delhi du Sommet AI Impact 2026, qui réunit des délégués de plus de 30 pays.