Décès du flûtiste malien Boncana Maïga : le projet transatlantique bâti avec le producteur sénégalais Ibrahima Sylla

Le musicien malien Boncana Maïga s’est éteint le 28 février à son domicile de Bamako, à l’âge de 77 ans. Surnommé « El Maestro », ce flûtiste, arrangeur et chef d’orchestre a marqué l’histoire de la musique africaine, notamment à travers sa collaboration étroite avec le producteur sénégalais Ibrahima Sylla.

La trajectoire de cet artiste débute par une formation à La Havane. En 1963, le gouvernement malien l’envoie étudier à Cuba, où il participe à la création du groupe Las Maravillas de Mali, une formation mêlant rythmes afro-cubains et langues africaines. L’expérience s’interrompt en 1968 suite au coup d’État renversant le président Modibo Keïta, entraînant le rappel des étudiants au Mali. Boncana Maïga poursuit ensuite sa carrière en Afrique de l’Ouest, dirigeant notamment l’orchestre de la Radiotélévision ivoirienne.

Selon les éléments rapportés par le journal Le Quotidien, c’est au début des années 1990 que son parcours croise celui du producteur sénégalais Ibrahima Sylla, fondateur du label Syllart. Ensemble, ils créent en 1993 le projet Africando. Le principe de ce groupe repose sur la fusion de la salsa cubaine avec des voix reconnues du continent africain, telles que le Béninois Gnonnas Pedro, le Burkinabè Amadou Balaké, le Sénégalais Médoune Diallo ou encore le Guinéen Sékouba Bambino.

Cette initiative musicale a connu l’un de ses moments marquants le 16 juin 2001, lors d’un concert au Zénith de Paris. Présenté par Claudy Siar, l’événement a réuni sur scène les membres d’Africando ainsi que plusieurs artistes invités, parmi lesquels les Congolais Koffi Olomidé et Lokua Kanza, l’Ivoirien Bailly Spinto et l’Haïtien Eugène Shoubou du Tabou Combo.

Lors de cette représentation, le titre « Apollo », interprété par Sékouba Bambino, figurait parmi les morceaux phares. La chanson fait référence à l’Afrique urbaine post-indépendance et à l’influence des missions spatiales américaines sur la culture de l’époque, visible notamment dans la mode vestimentaire avec les pantalons à larges pattes d’éléphant.

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