À l’occasion du 115e anniversaire de la Journée internationale des droits des femmes, des milliers de manifestants ont investi les rues à travers le monde. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ces mobilisations ont largement dépassé le cadre traditionnel pour dénoncer simultanément les violences basées sur le genre et les conséquences civiles de la récente offensive américano-israélienne en Iran.
En Espagne, les cortèges ont rassemblé des milliers de personnes exigeant la fin des hostilités. Le gouvernement espagnol s’était déjà opposé aux États-Unis en refusant l’utilisation de ses bases militaires pour des frappes contre l’Iran. Yolanda Diaz, deuxième vice-Première ministre, a publiquement pris la défense du peuple et des femmes iraniennes. Cette indignation fait écho au premier jour de la guerre conjointe menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Une frappe ciblée sur une école primaire de la ville de Minab a coûté la vie à 165 filles, âgées pour la plupart de 7 à 12 ans, en pleines heures de cours. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière contre des civils recensée à ce jour dans ce conflit.
La lutte contre les violences sexuelles a constitué l’autre axe majeur des rassemblements. En France, où plus de 150 manifestations ont été organisées, Gisèle Pelicot, devenue un symbole mondial après le procès de son ex-mari et de dizaines d’inconnus en 2024, a pris la tête du cortège parisien. Aux États-Unis, des activistes se sont réunis au Nouveau-Mexique, devant le ranch Zorro, propriété liée au défunt Jeffrey Epstein.
À New York, une manifestation s’est tenue devant la Trump Tower. Ce rassemblement fait suite à la publication de documents du FBI par le département américain de la Justice, détaillant l’audition d’une femme accusant Donald Trump d’agression sexuelle alors qu’elle était mineure.
D’autres revendications ont émergé selon les contextes locaux. En Équateur, dans la ville amazonienne de Puyo, des groupes autochtones ont dénoncé la dégradation de l’environnement liée à l’expansion pétrolière et gazière. Au Brésil, les marches ont canalisé la colère suscitée par le viol collectif présumé d’une adolescente de 17 ans à Rio de Janeiro en janvier dernier.
Au Pakistan, la police d’Islamabad a brièvement interpellé des militantes qui tentaient de braver une interdiction gouvernementale de rassemblement public, imposée en raison d’une recrudescence des violences militantes dans le pays. Des mobilisations ont également été signalées en Turquie, en Chine, en Russie et au Cambodge.