De l’opposition historique au statut de premier client militaire : ce que l’Inde vient chercher ce mercredi en Israël.

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, entame ce mercredi une visite de deux jours en Israël. Ce déplacement, le deuxième depuis sa première visite historique en 2017, vise à consolider une relation bilatérale en pleine expansion, marquant un contraste saisissant avec la posture diplomatique historique de New Delhi.

Le programme officiel prévoit une arrivée à l’aéroport international Ben Gourion à 12h45 (heure locale), où il sera accueilli par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Narendra Modi s’adressera ensuite à la Knesset, le parlement israélien, à 16h30. La journée du jeudi 26 février sera consacrée à une visite du mémorial de Yad Vashem, suivie d’une rencontre avec le président Isaac Herzog. Les deux chefs de gouvernement superviseront ensuite la signature de plusieurs accords avant le départ de la délégation indienne.

L’objectif central de cette visite repose sur le renforcement des accords stratégiques dans les domaines de l’économie et de la défense. L’ambassadeur de l’Inde en Israël, JP Singh, a précisé que les discussions porteront en priorité sur l’intelligence artificielle, la cybersécurité et la technologie quantique. Sur le plan économique, les deux nations, qui ont déjà signé un nouveau traité bilatéral d’investissement en septembre dernier, travaillent actuellement à la conclusion d’un accord de libre-échange.

Cette dynamique s’inscrit dans une transformation profonde des relations entre les deux pays. Historiquement, l’Inde s’était opposée à la création de l’État d’Israël en 1948 et n’a établi des relations diplomatiques formelles qu’en 1992. Selon les données du ministère indien des Affaires extérieures, les échanges commerciaux sont passés de 200 millions de dollars en 1992 à 6,5 milliards de dollars en 2024, faisant de l’Inde le deuxième partenaire commercial d’Israël en Asie, après la Chine. Sous l’administration de Narendra Modi, l’Inde est également devenue le premier client de l’industrie de l’armement israélienne.

Ce rapprochement intervient dans un contexte géopolitique complexe. Al Jazeera rappelle que cette visite se déroule une semaine seulement après que l’Inde a rejoint plus de 100 pays pour condamner l’expansion israélienne en Cisjordanie. Malgré cette position, des analystes cités par le média qatari soulignent que la présence de Narendra Modi en Israël sera largement perçue comme un soutien à Benjamin Netanyahu. Ce dernier a d’ailleurs récemment évoqué la création d’une alliance régionale en « hexagone » incluant l’Inde, bien que New Delhi n’ait pas officiellement approuvé ce projet.

La dimension régionale de cette visite englobe également les tensions entre l’Iran et les États-Unis. L’Inde, qui entretient des liens de coopération avec Téhéran, notamment autour du port stratégique de Chabahar, a commencé à s’en désengager face aux menaces de sanctions américaines. En parallèle, les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la mer d’Oman, alors que le président Donald Trump a déclaré vendredi dernier envisager des frappes limitées contre l’Iran en l’absence d’accord sur son programme nucléaire et ses missiles balistiques.

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