De Beyrouth à Paris, la première femme à avoir porté la voix officielle de la Palestine a tiré sa révérence

C’est une page majeure de l’histoire diplomatique du Proche-Orient qui se tourne en terre française. Figure tutélaire de la cause palestinienne et interlocutrice privilégiée des chancelleries occidentales pendant plus de trois décennies, celle qui fut la première femme à représenter officiellement son peuple à l’international a rendu son dernier souffle ce mercredi.

Leila Shahid, ambassadrice historique de la Palestine, est décédée à l’âge de 76 ans à son domicile dans le sud de la France. La confirmation est venue de sa sœur, Zeina, citée par l’Agence France-Presse (AFP), marquant la fin du parcours d’une diplomate qui aura incarné, pour toute une génération de francophones, le visage et la voix des revendications palestiniennes.

Une pluie d’hommages pour « la Palestine personnifiée »

La disparition de cette vétérane de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a immédiatement suscité une vague d’émotion au sein du corps diplomatique. Hala Abou-Hassira, l’actuelle ambassadrice de Palestine en France, a salué la mémoire d’une « icône » dont le départ constitue « une perte immense pour la Palestine et pour le monde épris de justice ».

Pour Majed Bamya, représentant adjoint de la Palestine aux Nations Unies, Leila Shahid était bien plus qu’une collègue. Dans un hommage appuyé relayé par Al Jazeera, il décrit celle qui l’a convaincu de rejoindre la diplomatie comme « la Palestine personnifiée dans le monde francophone ». Une stature également reconnue par Hussam Zumlot, ambassadeur au Royaume-Uni, qui voit en elle « l’une des diplomates les plus inspirantes que la Palestine ait jamais connues ».

Un parcours lié à Yasser Arafat

Née à Beyrouth en 1949, Leila Shahid a forgé ses convictions politiques sur les bancs de l’Université américaine de Beyrouth, où elle a rencontré le leader historique Yasser Arafat. Après avoir œuvré dans les camps de réfugiés au Liban, elle est devenue en 1989 la première femme à représenter l’OLP à l’étranger, débutant sa mission en Irlande.

C’est cependant en France, où elle a exercé comme déléguée générale de 1994 à 2005, qu’elle a acquis une notoriété publique majeure, avant de poursuivre sa mission auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg.

Un dernier combat pour la reconnaissance

Jusqu’à ses derniers mois, l’ancienne ambassadrice est restée mobilisée. En septembre dernier, lors d’un entretien accordé à France 24, elle qualifiait de « très importante » la dynamique de reconnaissance formelle d’un État palestinien, tout en alertant sur la situation à Gaza qu’elle décrivait comme un « génocide ».

Son décès survient alors que « la Palestine traverse l’un des chapitres les plus sombres de son histoire », a souligné Hala Abou-Hassira, promettant que la détermination de la défunte resterait la « boussole » de la diplomatie palestinienne.

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3 commentaires

  1. Mme Leila Shahid demeure une conscience vive de la cause palestinienne, une voix qui a su porter la dignité d’un peuple avec une intelligence politique rare et une humanité inébranlable.

    Son héritage, fait de courage et de fidélité à la justice, continue d’inspirer celles et ceux qui œuvrent pour une paix fondée sur le droit et la mémoire.

    Reposez en Paix Mme Courage.😢

  2. Une figure emblématique et une grande perte pour la Palestine et pour tous les défenseurs de la justice.

    Elle était de celles dont la voix traverse les murs et franchit les frontières,
    une présence lumineuse dans les heures les plus sombres.
    Dans ses mots vibrait la dignité d’un peuple,
    dans son regard brûlait l’espérance têtue de la liberté.

    Elle marchait droite, portée par la conviction
    que la justice n’est pas un rêve lointain,
    mais un droit vivant, à défendre chaque jour.
    Son courage n’était pas éclatant de bruit,
    il était constant, enraciné, indéracinable.

    Aujourd’hui, le silence semble plus lourd,
    mais son héritage respire encore
    dans chaque cœur qui refuse l’injustice,
    dans chaque voix qui s’élève pour la paix.

    Son absence est une douleur,
    mais son combat demeure une lumière.

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