La situation sécuritaire dans le centre-nord du Nigeria connaît une nouvelle dégradation brutale. Alors que les forces de l’ordre confirment la tenue d’une opération armée d’envergure dans l’État de Kwara, les témoignages recueillis sur place font état d’une incursion violente ayant ciblé une communauté rurale isolée. L’ampleur des pertes humaines rapportées par les représentants locaux marque un tournant tragique pour cette zone frontalière.
Le village de Woro, situé dans la région de Kaiama, a été le théâtre de cette offensive menée par des hommes armés. Selon les éléments relayés par Al Jazeera, qui cite des sources locales, le raid a laissé derrière lui un lourd tribut humain. Sa’idu Baba Ahmed, législateur local interrogé par l’AFP, a indiqué ce mercredi que « 35 à 40 corps ont été dénombrés » lors des premières constatations effectuées dans la matinée.
Outre les pertes en vies humaines, les assaillants ont incendié des habitations et des commerces, plongeant la localité dans le chaos. Face à la puissance de feu des agresseurs, de nombreux habitants ont dû prendre la fuite vers la brousse environnante pour échapper aux tirs. Sa’idu Baba Ahmed a précisé à l’agence Reuters que plusieurs personnes manquaient toujours à l’appel, laissant craindre que le bilan ne s’alourdisse au fil des recherches.
Si la police a officiellement confirmé l’attaque, elle s’est abstenue pour l’heure de communiquer un chiffre précis concernant les victimes. De son côté, le gouvernement de l’État de Kwara a attribué cette offensive à des « cellules terroristes ». Ce drame constitue l’assaut le plus meurtrier enregistré cette année dans ce district frontalier de l’État du Niger, une zone où le banditisme rural, caractérisé par des pillages de bétail et des enlèvements, s’est intensifié ces dernières années.