Détenu depuis septembre 2024, le contrôleur du Trésor Daha Diallo n’a toujours pas été jugé sur le fond, selon une déclaration rendue publique samedi 25 avril 2026 à Wack Ngouna. Le Collectif Justice pour Daha Diallo (CJDD) a interpellé les autorités judiciaires ainsi que le président de la République sur la situation de cet agent public incarcéré à la maison d’arrêt de Rebeuss, et parfois au Pavillon spécial.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, Daha Diallo, contrôleur du Trésor et cadre de l’administration sénégalaise, a été placé sous mandat de dépôt le 25 septembre 2024 par le Pool judiciaire et financier (PJF). D’après le collectif, il n’a pas été entendu sur le fond de l’affaire depuis son placement en détention préventive, soit dix-neuf mois plus tard. Originaire du département de Nioro du Rip, il totalise plus de vingt ans de service dans l’administration.
Le CJDD affirme que la procédure repose sur un rapport provisoire de l’Inspection générale des finances (IGF), établi en 2017, à l’époque où Daha Diallo était agent comptable de l’Observatoire de la qualité des services financiers (OQSF). Le collectif soutient que ce document ne lui aurait jamais été notifié, et qu’aucune charge formelle ne lui aurait été officiellement communiquée. Il estime que la plainte et le mandat de dépôt ont été fondés sur ce rapport préliminaire, et non sur un rapport définitif.
Dans sa déclaration, le collectif invoque plusieurs textes, notamment l’article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit à toute personne détenue le droit de connaître les charges retenues contre elle, ainsi que l’article 7 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, relatif au droit d’être jugé dans un délai raisonnable. Le CJDD qualifie la situation de « détention arbitraire » et évoque une atteinte au principe du contradictoire et aux droits de la défense.
Le collectif relève aussi des conséquences administratives et matérielles. Avant son arrestation, Daha Diallo avait été nommé chef de bureau de la formation au Centre de perfectionnement et de formation professionnelle du Trésor (CFFPT). Selon le CJDD, il a été privé des avantages liés à cette fonction dès son incarcération, une mesure que le collectif juge contraire à la présomption d’innocence.
Le CJDD formule trois demandes : l’audition immédiate et le jugement rapide de Daha Diallo par un tribunal indépendant, sa relaxe ou, à défaut, la garantie d’un procès équitable, ainsi qu’une réforme des pratiques du PJF sur les détentions préventives prolongées. Le collectif salue par ailleurs le soutien de l’Amicale des inspecteurs du Trésor, de l’Amicale des contrôleurs du Trésor, du journaliste Bachir Fofana et du Forum des justiciables dirigé par Babacar Ba. Il déplore en revanche le silence du Syndicat unique des travailleurs du Trésor.
