Crise au Moyen-Orient : Bercy se veut rassurant sur l’énergie, malgré la flambée des marchés

Face à l’escalade militaire au Moyen-Orient et à la flambée des cours de l’énergie, le gouvernement français a tenu à éteindre tout début d’inquiétude. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a assuré mardi qu’il n’existait « aucun risque d’approvisionnement à court terme » en France, tout en reconnaissant les « incertitudes économiques et financières » que le conflit engendre.

S’exprimant depuis Bercy, M. Lescure a appelé les Français au calme : « Il n’y a aucun risque d’approvisionnement à court terme en France, ni sur le gaz, ni sur l’essence. Donc ne créons pas un problème qui n’existe pas. On n’a aucune raison de se ruer aujourd’hui dans les stations-service ». Pour parer à toute éventualité, une « cellule de crise qui se réunit une fois par jour » a été activée au ministère de l’Économie. Placée sous la direction du ministre, elle est chargée de surveiller en temps réel l’évolution des marchés financiers et énergétiques.

Cet effort de communication contraste vivement avec la nervosité des marchés internationaux. Suite à l’embrasement régional, les prix du pétrole et du gaz se sont envolés. Le baril de Brent a dépassé les 81 dollars après une hausse de plus de 6 %, tandis que les prix du gaz européen ont bondi de plus de 23 % en une matinée. Dans ce contexte tendu, le gouverneur de la Banque de France a également pris la parole pour écarter, à ce stade, tout impact immédiat sur la politique monétaire et les taux d’intérêt.

La crise actuelle a été déclenchée par une vaste offensive américano-israélienne contre l’Iran, qui aurait entraîné la mort de plusieurs hauts responsables iraniens. La riposte de Téhéran ne s’est pas fait attendre, avec des frappes de drones et de missiles visant Israël ainsi que des installations militaires américaines dans la région.

Toutefois, la décision la plus lourde de conséquences sur le plan économique reste l’annonce par l’Iran de la fermeture du détroit d’Ormuz à tout trafic maritime. Ce passage stratégique est un point névralgique pour le marché mondial de l’énergie. Près d’un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, soit environ 20 millions de barils par jour, ainsi qu’une part significative du gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar et des Émirats arabes unis, y transitent. La menace iranienne d’attaquer tout navire tentant de le franchir fait peser une épée de Damoclès sur l’économie mondiale et explique la volatilité extrême des marchés.

Si les autorités françaises affichent leur confiance dans la solidité des stocks et des chaînes d’approvisionnement nationales, la situation demeure sous haute surveillance. L’évolution du conflit et la durée du blocage du détroit d’Ormuz seront déterminantes pour l’équilibre économique des prochaines semaines.

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