La Convergence des Cadres Républicains (CCR) hausse le ton face aux coupures d’électricité qui touchent plusieurs localités du Sénégal. Dans un communiqué publié le 22 septembre 2026, elle dénonce la répétition des interruptions depuis plusieurs semaines.
Pour l’organisation, ces coupures d’électricité constituent un « échec patent ». Elle reproche aux nouvelles autorités de ne pas avoir suffisamment préservé les acquis du régime précédent, après deux années au pouvoir.
La CCR s’appuie notamment sur les déclarations de Papa Toby Gaye, directeur général de la SENELEC, à la télévision nationale. Celui-ci a évoqué des pannes affectant des équipements importants, des difficultés logistiques et des problèmes d’acheminement du combustible. La société fait également face, selon ces propos, à des finances « extrêmement limitées » et à des tensions de trésorerie.
Ces éléments ne dissipent pas les inquiétudes de l’organisation sur la capacité de la SENELEC à assurer durablement la continuité du service. La CCR estime que le problème relève de la gestion du parc de production et accuse l’État de ne pas avoir garanti le financement, la maintenance et l’approvisionnement en fuel nécessaires au fonctionnement des installations.
La CCR réclame davantage de transparence
La Convergence des Cadres Républicains reproche aussi à la communication du directeur général de ne pas avoir précisé le niveau de mobilisation des capacités de production, l’ampleur des difficultés financières ni les mesures prévues pour les résoudre.
Elle y voit « une impréparation, une incompétence et un manque d’humilité pour assumer le chaos énergétique ». La CCR demande ainsi des informations sur la capacité actuelle de production de la SENELEC et sur la situation financière de l’entreprise.
Elle interpelle également le gouvernement sur les causes des difficultés d’approvisionnement et sur les dispositions prises pour un retour durable à la normale. Cette demande intervient alors qu’un déficit de production d’environ 150 MW avait été relevé le 16 septembre 2026, avec une pointe de consommation atteignant 1 400 MW contre 1 250 MW planifiés par la SENELEC.
Les tensions sur le combustible avaient aussi contraint certaines centrales conçues pour fonctionner au gaz à utiliser du fuel. Le 14 août 2026, la SENELEC avait par ailleurs signalé un incident technique sur une unité de grande puissance, susceptible de réduire temporairement la capacité disponible.
Dans son communiqué, relayé par pressafrik, la CCR rappelle les performances énergétiques enregistrées sous la présidence de Macky Sall. Elle avance que la production nationale est passée de 2 800 GWh en 2012 à 7 465,86 GWh en 2024, soit une progression de plus de 160 %.
L’organisation met également en avant un mix comprenant le solaire, l’éolien et l’hydraulique, qui auraient représenté plus de 1 430 GWh en 2024. Elle cite notamment le parc éolien de Taïba Ndiaye, d’une capacité de 158,7 MW, ainsi que les centrales solaires de Kahone, Kael, Bokhol et Diass et la centrale hydroélectrique de Gouina.
La CCR juge « inconcevable » que le Sénégal soit confronté à ces coupures après l’augmentation de ses capacités de production et réclame des réponses précises sur la gestion du parc énergétique, les finances de la SENELEC et la continuité du service public.
La centrale dual fuel de Malicounda dispose d’une capacité de 120 MW.


