Les tensions entre Washington et Madrid ont connu une escalade rapide suivie d’un dénouement inattendu en l’espace de 24 heures. Au cœur du différend, l’accès aux infrastructures militaires situées sur le sol espagnol a poussé l’administration américaine à brandir l’arme économique.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la Maison-Blanche a officialisé mercredi l’accord de l’Espagne pour coopérer avec l’armée américaine. Cette annonce clôt une brève période de crispation autour de l’utilisation des bases espagnoles par les forces des États-Unis.
La porte-parole de la présidence américaine, Karoline Leavitt, a indiqué devant la presse que les autorités espagnoles avaient reçu le message présidentiel « haut et fort ». Elle a également confirmé que l’armée américaine est actuellement en phase de coordination avec ses homologues en Espagne.
Ce revirement intervient au lendemain d’une menace directe formulée par Donald Trump. Mardi, le président des États-Unis avait annoncé son intention de suspendre les échanges commerciaux avec cet allié européen. Cette déclaration faisait suite à la décision initiale de Madrid d’interdire aux forces américaines de se servir des bases présentes sur son territoire pour mener des frappes contre l’Iran.
« Nous allons couper tout commerce avec l’Espagne. Nous ne voulons plus rien avoir à faire avec l’Espagne », avait affirmé Donald Trump depuis le Bureau ovale, en marge d’une rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz. Face à cette perspective de rupture économique, les autorités espagnoles ont finalement accédé aux requêtes militaires de Washington.
Quelques minutes après la prise de parole de Karoline Leavitt, qui a déclaré que «l’Espagne a accepté de coopérer militairement ces dernières heures», l’Espagne a contredit cette déclaration. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, assure que Madrid ne coopérera pas militairement avec les États-Unis et continue de refuser d’autoriser les avions américains à utiliser des bases sur son territoire
«Notre position reste absolument inchangée et je démens catégoriquement tout changement», a affirmé Albares à la radio Cadena Ser, quelques instants après des déclarations de la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt assurant que l’Espagne avait accepté de «coopérer avec l’armée américaine».