Côte d’Ivoire : confisqué par la France en 1916, cet instrument sacré de 430 kg retrouve sa terre d’origine

Le processus de restitution des biens culturels africains franchit une nouvelle étape historique. Au terme d’un long dialogue diplomatique entre Paris et Abidjan, une pièce maîtresse du patrimoine local, arrachée à son territoire il y a plus d’un siècle, a officiellement atterri sur le sol ouest-africain.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, il s’agit du Djidji Ayôkwé, le tambour parleur sacré du peuple Atchan. L’instrument a été réceptionné ce vendredi à l’aéroport d’Abidjan par la ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, en présence du premier vice-gouverneur du District autonome d’Abidjan, Danho Paulin, et de plusieurs chefs traditionnels. L’arrivée de l’objet a été marquée par l’exécution d’un rituel traditionnel « Akwaba » et d’une danse guerrière.

La restitution de cette œuvre concrétise un engagement pris conjointement par le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue français Emmanuel Macron. Le Djidji Ayôkwé se distingue par ses dimensions hors normes : long de plus de trois mètres, il pèse environ 430 kilogrammes. Autrefois, ce tambour jouait un rôle central dans la communication de la communauté Atchan, servant à transmettre des messages d’un village à l’autre et à annoncer les événements majeurs.

Son exil forcé remonte à 1916. À l’époque, l’administration coloniale française avait confisqué l’instrument dans un contexte de vive tension, afin de briser la résistance des populations locales qui s’opposaient aux travaux forcés. Transféré en France, le tambour avait par la suite intégré les collections muséales nationales, dont celles du Musée du quai Branly.

Avant d’être présenté au grand public, le tambour sera conservé dans un espace sécurisé pour observer une phase d’acclimatation. Cette précaution de conservation stricte répond au protocole établi entre les autorités françaises et le Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire. Notre rédaction souligne que le retour du Djidji Ayôkwé amorce une dynamique plus large : il constitue la première œuvre physiquement rendue à l’État ivoirien, sur un inventaire ciblant 148 objets de son patrimoine encore conservés dans les collections françaises.

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