La Guinée vient de franchir une étape décisive dans la réalisation du corridor routier qui la reliera au Sénégal. Le président guinéen a promulgué, le 13 juin, un décret ratifiant l’Accord-cadre et l’Accord de mandat signés avec la Banque islamique de développement (BID). Cette formalité permet de finaliser le financement du projet, comme l’écrit Afrimag. Ce nouveau maillon s’inscrit dans un contexte où le Sénégal, de son côté, a déjà bouclé un financement extérieur de 630 millions d’euros auprès de l’ITFC, filiale de la BID, en février 2026 pour ses approvisionnements en produits stratégiques, illustrant la densité des relations financières entre les deux pays et la BID.
140 millions d’euros pour le tronçon Mali–Gadaloudjé
Au cœur des accords figure le financement du tronçon Mali–Gadaloudjé, long de 53 kilomètres. Approuvé par la BID en juin 2025, cet appui financier s’élève à 140 millions d’euros. Les fonds serviront à l’aménagement et au bitumage de cette section en chaussée à deux voies (2×1), conformément aux standards de la CEDEAO.
Un corridor de 107 km déjà soutenu par la BAD
Cette ratification vient compléter les financements déjà mobilisés auprès de la Banque africaine de développement (BAD). En novembre 2024, l’institution panafricaine avait approuvé un prêt de 80,93 millions de dollars destiné à la Guinée et au Sénégal pour l’axe Labé–Mali–Kédougou–Fongolembi. L’ensemble rapproche le corridor de sa phase opérationnelle.
La mise en œuvre du projet sera assurée par AGEROUTE Guinée SA. À terme, le corridor devrait offrir aux opérateurs maliens une nouvelle voie d’accès au port de Conakry, en complément de l’itinéraire Dakar–Bamako via Kédougou. Les retombées attendues concernent aussi le désenclavement de la région du Fouta-Djalon, en Moyenne Guinée.


