CORED : Le Président appelle à une presse responsable face à la désinformation

Le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED) a procédé, ce mercredi 14 octobre 2026, à l’installation de son Tribunal des pairs pour le mandat 2026-2029, sous la présidence du ministre de la Communication et des Relations avec les institutions, porte-parole du gouvernement. À cette occasion, le président du CORED, Ibrahima Souleymane Ndiaye, a plaidé pour le renforcement de l’autorégulation des médias, dans un contexte marqué par la désinformation et la polarisation du paysage médiatique.

Dans son discours, Ibrahima Souleymane Ndiaye a présenté l’installation du Tribunal des pairs comme une étape importante dans la consolidation de la responsabilité professionnelle des journalistes et techniciens des médias. Cette instance est chargée de veiller au respect des règles d’éthique et de déontologie qui encadrent la profession.

« Cela s’appelle l’autorégulation », a-t-il rappelé, soulignant que les professionnels des médias doivent être en mesure de fixer, d’appliquer et de faire respecter eux-mêmes les principes qui régissent leur métier, sans intervention extérieure.

Le Tribunal des pairs constitue ainsi un mécanisme de contrôle interne auquel toute personne physique ou morale peut recourir pour signaler une violation des règles professionnelles. Le CORED peut également s’autosaisir d’une affaire relevant de ses compétences.

« C’est l’affaire du Tribunal des pairs ! », a insisté le président du CORED, précisant que les dossiers sont examinés en toute indépendance, sur la base du Code de la presse et de la Charte des journalistes du Sénégal.

Ibrahima Souleymane Ndiaye a toutefois apporté une précision importante sur les prérogatives de l’organe d’autorégulation : le CORED ne traite pas les affaires déjà portées devant la justice. Si ses décisions peuvent faire l’objet de recours, ses sanctions relèvent essentiellement de la condamnation morale, l’institution ne disposant pas de pouvoir coercitif.

Désinformation et polarisation des médias

Le président du CORED a également alerté sur les transformations profondes du secteur médiatique, sous l’effet de la révolution numérique et de la multiplication des canaux de diffusion. Si ces évolutions facilitent la circulation de l’information, elles favorisent aussi la propagation de contenus trompeurs.

« La désinformation prend ses quartiers petit-à-petit », a-t-il déploré, évoquant également la polarisation croissante des médias.

Tout en reconnaissant la liberté des organes de presse de choisir leur ligne éditoriale, il a rappelé que cette liberté ne saurait justifier un renoncement aux principes fondamentaux du journalisme.

« Un organe de presse est libre d’opter pour telle ou telle ligne éditoriale. Mais il ne doit jamais transiger avec les principes fondamentaux du journalisme, le respect des faits, le pluralisme des opinions, l’équilibre dans le traitement de l’information », a-t-il déclaré.

Pour Ibrahima Souleymane Ndiaye, les médias jouent un rôle essentiel dans la formation de l’opinion publique, l’orientation des choix citoyens et la veille démocratique. Cette responsabilité impose aux professionnels de l’information une vigilance accrue face aux dérives susceptibles d’affecter la crédibilité de la presse.

Un appel au renforcement de l’autorégulation

Face à ces défis, le président du CORED estime que le renforcement de l’autorégulation constitue un moyen de préserver l’indépendance des médias et de limiter les interventions des pouvoirs publics dans le fonctionnement du secteur.

« La prise en charge des règles d’éthique et de déontologie par les professionnels de l’information peut nous éloigner d’une propension des pouvoirs publics à régir davantage le secteur », a-t-il soutenu.

Dans cette perspective, il a plaidé pour un CORED plus fort et a exprimé son attente concernant la mise en place du Conseil national de régulation des médias et du numérique (CNRM).

Le président du CORED a salué le travail des membres sortants du Tribunal des pairs ainsi que l’engagement de son prédécesseur, Mamadou Thior, à qui il a rendu un hommage particulier pour sa contribution à l’autorégulation et à la défense de la liberté de la presse.

Ibrahima Souleymane Ndiaye a réaffirmé la disponibilité du CORED à accompagner les citoyens dans la défense de leurs droits, tout en préservant la liberté des professionnels des médias.

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