Le président béninois Romuald Wadagni a effectué une visite officielle en Mauritanie le lundi 6 juillet 2026, marquée par un long tête-à-tête avec le président Mohamed Ould Ghazouani.
Au cœur des échanges, la crise sécuritaire régionale qui menace le nord du Bénin, où le Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans (Jnim), lié à al-Qaïda, multiplie les attaques depuis plusieurs années.
Ce déplacement s’inscrit dans une tournée régionale entamée peu après l’investiture de M. Wadagni, le 24 mai. Le 9 juin, il avait été reçu à Dakar par le chef de l’État sénégalais Bassirou Diomaye Faye, pour discuter notamment des enjeux sécuritaires en Afrique de l’Ouest. Une visite était également prévue en Guinée-Bissau.
Selon l’analyste Backary Gueye, interrogé par RFI, le Bénin cherche à diversifier ses alliances face aux tensions avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Burkina Faso, Mali et Niger. La frontière avec ce dernier est d’ailleurs fermée. « La Mauritanie est très bien cotée sur le plan de la lutte contre le terrorisme », a-t-il souligné, invoquant la possibilité d’un partage de renseignements et d’une formation d’officiers supérieurs béninois au Collège de défense du G5 Sahel, basé à Nouakchott.
Comme le rapporte RFI Afrique depuis la capitale mauritanienne, aucune déclaration publique n’a été faite à l’issue de la rencontre. Cependant, ce partenariat naissant devrait rapidement se concrétiser par un partage direct de renseignements.
Le Collège de défense du G5 Sahel, créé en 2018 par une organisation sous-régionale aujourd’hui moribonde, pourrait ainsi accueillir des officiers béninois pour consolider leur formation antiterroriste.
