Figure incontournable du paysage politique et culturel français, Jack Lang se trouve aujourd’hui au cœur d’une double tempête, à la fois administrative et judiciaire. Alors que son nom a été cité à de multiples reprises dans les documents relatifs au défunt financier Jeffrey Epstein, l’étau se resserre autour de l’actuel président de l’Institut du monde arabe (IMA), désormais contraint de s’expliquer devant les autorités de tutelle et la justice.
La pression s’est considérablement accrue ces dernières heures. Le ministère français des Affaires étrangères, principal bailleur de fonds de l’institution que dirige l’ancien ministre, a exigé des clarifications immédiates. Selon les déclarations du chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, rapportées par Al Jazeera, Jack Lang a été convoqué pour un entretien ce dimanche. Le ministre a qualifié les éléments émergeant des dossiers de « nouveaux et extrêmement graves », soulignant la nécessité d’un examen approfondi pour préserver le bon fonctionnement de l’IMA, dont le budget dépend à 50 % des financements du Quai d’Orsay.
Parallèlement à cette convocation administrative, le volet judiciaire a pris une tournure concrète. Le parquet national financier a confirmé l’ouverture d’une enquête préliminaire visant Jack Lang ainsi que sa fille, Caroline Lang. Les investigations ne portent pas uniquement sur les relations amicales, mais ciblent une infraction précise : le « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». La justice cherche à éclaircir la nature des liens financiers suspectés entre la famille Lang et Jeffrey Epstein.
Les documents révélés font état de plus de 600 mentions du nom de l’ancien ministre de la Culture dans les fichiers du financier américain, condamné pour crimes sexuels. Des médias français ont rapporté que Jack Lang aurait sollicité Epstein à plusieurs reprises pour des fonds ou des faveurs. De son côté, Caroline Lang voit son nom associé à une société offshore qu’elle aurait codétenue avec le financier. Face à la polémique, cette dernière a démissionné lundi de ses fonctions à la tête de l’Union des producteurs indépendants.
Malgré ces développements, Jack Lang, âgé de 86 ans, continue de clamer son innocence. Interrogé sur les ondes de RTL, il a affirmé n’avoir « rien à craindre » et être « blanc comme neige », niant toute connaissance des crimes commis par Epstein. Il a par ailleurs refusé, mercredi, de démissionner de la présidence de l’Institut du monde arabe.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte international où les répercussions de l’affaire Epstein touchent plusieurs personnalités en Europe. En Norvège, la princesse héritière Mette-Marit a dû exprimer ses regrets concernant ses liens passés avec le financier, tandis qu’au Royaume-Uni, le Premier ministre Keir Starmer a présenté des excuses aux victimes pour avoir nommé Peter Mandelson, proche d’Epstein, ambassadeur aux États-Unis.