Alors que les affrontements s’intensifient sur la ligne de front et au-delà des frontières, les autorités ukrainiennes et russes revendiquent de nouvelles avancées militaires. Parallèlement aux intenses bombardements qui ont touché des zones civiles et stratégiques des deux côtés, des mouvements diplomatiques se dessinent en coulisses pour tenter de relancer les pourparlers.
Sur le terrain, la violence des frappes aériennes ne faiblit pas. Au moins quatre personnes ont perdu la vie et seize autres ont été blessées, dont une adolescente de 14 ans, lors d’une attaque russe sur la ville ukrainienne de Sloviansk. Selon le gouverneur régional Vadym Filashkin, les forces russes ont largué trois bombes guidées sur la commune. Durant la même nuit, des frappes de drones sur trois autres villes ukrainiennes ont fait 17 blessés, parmi lesquels deux enfants. Les forces aériennes ukrainiennes affirment avoir intercepté 122 des 137 drones lancés par Moscou.
Malgré cette pression aérienne, Kiev fait état de progrès terrestres significatifs. Le major-général ukrainien Oleksandr Komarenko a indiqué que ses troupes ont repris près de 400 kilomètres carrés dans la région industrielle de Dnipropetrovsk, au sud-est du pays. La situation reste toutefois complexe près de Pokrovsk et d’Oleksandrivka, où se concentrent les principaux efforts russes. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, citant l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), ces récentes contre-attaques ukrainiennes génèrent des effets tactiques et stratégiques capables de perturber le plan de campagne offensive de la Russie prévu pour le printemps-été 2026.
De son côté, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que ses forces avaient étendu leur emprise sur le Donbass. D’après ses données, l’Ukraine, qui contrôlait environ 25 % de cette région il y a six mois, n’en détient plus que 15 à 17 %. Le territoire russe est également touché par les combats. Dans la région frontalière de Briansk, le gouverneur Alexander Bogomaz a fait état d’une frappe de missile ukrainien ayant tué au moins six civils et blessé 37 personnes, transférées à l’hôpital régional. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a justifié cette attaque en affirmant qu’elle visait une usine de missiles russe.
Sur le plan judiciaire, une enquête des Nations Unies vient de qualifier la déportation et le transfert d’enfants ukrainiens de « crimes contre l’humanité ». Cette conclusion fait écho aux mandats d’arrêt émis en 2023 par la Cour pénale internationale contre Vladimir Poutine et cinq autres responsables russes, des accusations que Moscou rejette en évoquant des évacuations volontaires de zones de guerre.
Enfin, le volet diplomatique pourrait connaître de nouveaux développements. L’envoyé spécial des États-Unis, Steve Witkoff, a annoncé que la prochaine session de pourparlers tripartites entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis devrait se tenir « dans le courant de la semaine prochaine ». Après des rencontres aux Émirats arabes unis en janvier et en Suisse en février, Volodymyr Zelensky a indiqué que la Turquie s’est dite prête à accueillir ce nouveau cycle de discussions, suite à un échange avec le président Recep Tayyip Erdogan. Les positions restent cependant figées : Moscou exige de conserver les territoires conquis, tandis que Kiev réclame leur restitution intégrale.