Le conflit en cours en Iran fait peser de lourdes menaces sur le trafic maritime international. Face aux risques de pénuries et d’aggravation des besoins humanitaires, les Nations unies ont décidé d’activer un mécanisme spécifique pour maintenir la fluidité des échanges dans une zone névralgique du commerce mondial.
L’ONU a annoncé ce vendredi la création d’une « task force » dédiée à la gestion des conséquences humanitaires et commerciales liées aux perturbations dans le détroit d’Ormuz. Selon les informations consultées par notre rédaction auprès de l’agence Anadolu, cette initiative vise à anticiper les effets en chaîne sur la production agricole mondiale. Stéphane Dujarric, porte-parole de l’ONU, a précisé lors d’un point de presse que la poursuite des tensions au Moyen-Orient risquait d’impacter sévèrement les chaînes d’approvisionnement dans les mois à venir.
Pour diriger cette cellule d’urgence, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a désigné Jorge Moreira da Silva, actuel directeur exécutif de l’UNOPS. Ce dispositif réunira des représentants de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), de l’Organisation maritime internationale (OMI) et de la Chambre de commerce internationale. La structure prévoit également la possibilité d’y associer d’autres acteurs en fonction des besoins.
Sur le plan opérationnel, l’objectif de cette force est de faciliter le commerce des engrais et le transport des matières premières, dans le strict respect du droit international et de la souveraineté des États. La démarche s’inspire de mécanismes onusiens déjà déployés dans d’autres zones de tensions, tels que la mer Noire, le Yémen ou Gaza.
Le volet diplomatique de cette mission a été confié à Jean Arnault, envoyé personnel du secrétaire général. Il sera chargé de piloter les discussions politiques avec les différents États concernés, en s’appuyant sur l’expertise technique de la nouvelle task force. D’après Stéphane Dujarric, l’aboutissement de cette initiative pourrait consolider l’approche diplomatique et marquer une étape vers un règlement politique plus global dans la région.