Le Sénat des États-Unis s’apprête à franchir une étape procédurale inédite concernant les opérations militaires au Moyen-Orient. Alors que les hostilités avec Téhéran se sont intensifiées ces derniers jours, les parlementaires américains doivent se prononcer sur une résolution visant à limiter la marge de manœuvre de l’exécutif.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ce vote prévu mercredi intervient dans un climat de méfiance croissante du côté du Parti démocrate. Le chef de file des Démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a publiquement fait part de son inquiétude quant à la volonté de l’administration de Donald Trump de préparer un déploiement de troupes au sol en Iran. Cette appréhension a été alimentée par les récentes déclarations du chef du Pentagone, Pete Hegseth, lequel a affirmé que l’opération militaire ne faisait que commencer et que de nouveaux moyens américains étaient acheminés vers la région.
Les élus démocrates justifient leur démarche par les explications fluctuantes fournies par la Maison Blanche pour motiver l’offensive contre l’Iran. Lors de son intervention devant le Sénat, Chuck Schumer a pointé du doigt un manque total de clarté sur les objectifs finaux et le calendrier des opérations. Le sénateur Dick Durbin a, pour sa part, rappelé l’expérience de la guerre en Irak pour souligner la difficulté de s’extraire d’un conflit une fois celui-ci déclenché, dans un contexte régional où une vague d’attaques a déjà fait de nombreuses victimes.
L’adoption de cette résolution sur les pouvoirs de guerre fait face à un obstacle arithmétique. Les Républicains détiennent une courte majorité au Sénat (53 sièges contre 47) ainsi qu’à la Chambre des représentants (218 contre 214). Bien que le sénateur républicain Rand Paul co-parraine le texte, les partisans de la mesure doivent convaincre plusieurs membres du parti présidentiel pour obtenir une majorité simple.
En cas d’adoption par les deux chambres, Donald Trump aura la possibilité d’exercer son droit de veto. Pour le contourner, les parlementaires auraient alors besoin d’une majorité des deux tiers. Du côté républicain, le sénateur John Barrasso a fermement défendu l’action présidentielle, affirmant que Donald Trump avait agi dans le strict cadre de ses pouvoirs constitutionnels pour détruire l’industrie balistique iranienne.
Malgré ces barrières institutionnelles, les défenseurs de la résolution estiment que la procédure a son utilité. Hassan El-Tayyab, directeur législatif pour le Moyen-Orient au sein d’une organisation basée à Washington, a indiqué que cette démarche obligeait les membres du Congrès à clarifier leur position de manière officielle, tout en forçant l’administration à fournir davantage d’informations sur ses actions militaires.