Compétence universelle et juridictions spécialisées, motifs d’espoir pour la justice pénale selon le Pr Fall

La lutte contre l’impunité connaît des avancées et des reculs, a estimé mercredi à Dakar le professeur Moustapha Fall. L’enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop s’exprimait lors d’un panel de l’Institut des droits de l’homme et de la paix (IDHP) en partenariat avec Amnesty International Sénégal, rapporte l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Selon le juriste, la Cour pénale internationale (CPI) fait face à une triple menace de « délégitimation, décrédibilisation et déstabilisation ». Malgré ces obstacles, Moustapha Fall a tenu à souligner des « motifs d’espoir » pour l’avenir de la justice pénale internationale.

Il cite le développement de la compétence universelle, qui pousse de plus en plus d’États à élargir les compétences de leurs juridictions nationales pour poursuivre les crimes internationaux. L’émergence de structures judiciaires spécialisées dans plusieurs pays est également un signal positif, a-t-il ajouté.

Ces progrès ne masquent pas les fragilités. Début 2026, un documentaire intitulé « La Cour pénale internationale : une justice universelle sans universalité », projeté en marge du sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, a ravivé les débats sur la légitimité de la CPI. Par ailleurs, la Cour pénale spéciale en Centrafrique, juridiction hybride chargée de juger les crimes graves, a été menacée de fermeture en juin 2026 faute de financements, selon une alerte d’Amnesty International.

Face à ces défis, Moustapha Fall plaide pour un renforcement de la complémentarité entre la CPI et les mécanismes régionaux. Il a notamment évoqué le protocole de Malabo, qui prévoit d’étendre les compétences de la future Cour africaine de justice et des droits de l’homme.

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