Face à l’explosion des livraisons de produits à bas coût depuis l’étranger, les institutions européennes ont décidé de resserrer leurs mailles. Le Parlement européen et le Conseil de l’UE viennent de trouver un accord sur une vaste réforme douanière destinée à mieux encadrer les flux massifs de petits colis importés.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, ce nouveau cadre prévoit l’instauration de frais de traitement spécifiques. À partir de juillet 2026, une taxation forfaitaire de 3 euros sera appliquée à chaque colis de faible valeur. À cette somme s’ajoutera une redevance supplémentaire, pouvant atteindre environ 2 euros par article, dont l’objectif est de financer les opérations de contrôle douanier.
Cette offensive législative cible particulièrement les grandes plateformes de commerce en ligne telles qu’AliExpress, Temu et Shein. Le modèle de ces entreprises, qui repose sur l’expédition directe de petits colis à bas prix vers les consommateurs, se trouve directement impacté. Le texte prévoit d’engager leur responsabilité juridique, tant sur le plan civil que pénal, en cas d’infractions répétées aux normes européennes. En cas de non-conformité, des sanctions financières, voire des suspensions d’activité sur le territoire de l’UE, sont prévues.
L’objectif affiché par les autorités européennes est de contraindre ces acteurs à modifier leur chaîne logistique. Les entreprises sont désormais incitées à importer leurs marchandises en gros, à régler les droits de douane en amont et à privilégier le stockage sur le sol européen avant la distribution finale.
Outre le volet financier, la réforme modernise l’union douanière, dont les fondements n’avaient pas connu d’évolution majeure depuis 1968. Une nouvelle agence, l’Autorité douanière de l’UE, verra le jour à Lille, en France, pour coordonner les contrôles entre les États membres. Un centre de données unique sera également mis en place pour centraliser les informations sur les flux commerciaux et améliorer la traçabilité des marchandises, tout en allégeant les procédures pour les opérateurs jugés fiables.
Cette refonte intervient dans un contexte de forte pression sur les infrastructures. En 2024, les services douaniers européens ont traité plus de 1,3 milliard d’envois et collecté près de 27 milliards d’euros de droits de douane, tout en interceptant des dizaines de milliers de produits jugés à risque. Le déploiement de ce nouveau dispositif se fera de manière progressive à partir de 2026, avec une application totale attendue pour 2028.