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Combien coûte le litre d’essence à Khartoum avec la crise énergétique ?

Le Soudan, déjà ravagé par un conflit armé entamant sa quatrième année, est aujourd’hui confronté à une profonde crise énergétique. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement dans le Golfe ont intensifié les pénuries de carburant et provoqué de vastes coupures d’électricité, paralysant la vie quotidienne dans plusieurs villes, dont Khartoum.

L’économie soudanaise subit les répercussions directes de l’instabilité régionale. Les tensions liées à l’escalade dans le Golfe et au conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran perturbent l’acheminement des produits pétroliers dont le pays dépend. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette situation a entraîné une dépréciation d’environ 20 % de la livre soudanaise au cours des dernières semaines, le dollar américain s’échangeant désormais à plus de 390 livres sur le marché noir.

La raréfaction du carburant s’accompagne d’une forte hausse des prix à la pompe. Le coût du litre d’essence est passé de 4 860 livres soudanaises (environ 12,50 dollars) à la fin du mois de mars pour atteindre 6 870 livres (environ 17,60 dollars). Cette augmentation de plus de 40 % en l’espace de quelques semaines affecte sévèrement les professionnels du transport et restreint l’usage des générateurs d’appoint, dont le fonctionnement est devenu financièrement insoutenable pour de nombreux foyers et ateliers.

Dans les quartiers de Khartoum, les coupures d’électricité massives bouleversent les activités quotidiennes. Sans courant, les habitants peinent à faire fonctionner les pompes à eau domestiques, à conserver les denrées alimentaires ou à offrir un éclairage adéquat aux étudiants en période d’examen. Les marchés locaux enregistrent également des hausses tarifaires conséquentes. Le prix d’un sac de sucre de 10 kilogrammes a bondi de 28 000 à 35 000 livres soudanaises en une semaine, tandis que celui d’un sac de farine de 50 kilogrammes a augmenté de 47 000 à 55 000 livres.

Ces perturbations énergétiques mettent en évidence la vulnérabilité des infrastructures du pays. Les réseaux électriques existants, souvent constitués de raccordements informels, cèdent sous la chaleur et la forte demande. Face à cette situation, des alternatives locales se développent, comme l’installation de panneaux solaires pour alimenter certaines pompes à eau. Néanmoins, ces solutions nécessitent un investissement initial hors de portée pour de nombreux travailleurs journaliers et petits commerçants, les laissant exposés de manière directe à la hausse combinée des coûts de transport et d’alimentation.

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