COJOJ :  JËRËJËF ! Par Abdoulaye THIAM*

Point de fine bouche ! Soyons fiers. Soyons même immensément fiers de la cérémonie officielle d’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), offerte ce samedi au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio par le Comité d’organisation (COJOJ). Même les plus sceptiques ont fini par succomber au charme du savoir-faire sénégalais, sublimé par un véritable orfèvre : Mamadou Diagna Ndiaye.

Quelle soirée ! Quelle majestueuse chorégraphie, minutieusement pensée, savamment orchestrée et exécutée avec une précision remarquable ! Une cérémonie qui a non seulement éclipsé Buenos Aires 2018, mais qui a également tutoyé les sommets de Paris 2024. Le Sénégal venait tout simplement de réussir un grand coup !

Ni la redoutable pandémie de Covid-19, ni les turbulences de la crise du Golfe et leurs conséquences, notamment les tensions autour du détroit d’Ormuz, n’ont eu raison de la détermination des Sénégalais. Rien n’a pu ébranler leur volonté de relever les douze travaux d’Hercule, pour démontrer que les décideurs du mouvement olympique avaient eu tort d’attendre 130 ans avant de permettre au cinquième anneau de fouler enfin le sol africain, et particulièrement celui du Sénégal.

Un pays relativement petit par sa superficie, avec ses 196 172 kilomètres carrés, mais véritablement immense par le talent, l’engagement et la grandeur de ses fils et de ses filles.

Parmi eux, un homme mérite une mention toute particulière : Mamadou Diagna Ndiaye, véritable maître d’œuvre de cette formidable aventure. Nos pensées vont également à ces illustres disparus qui ont écrit quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du sport sénégalais et africain : Kéba Mbaye, figure emblématique du Tribunal arbitral du sport ; Lamine Diack, qui a présidé aux destinées de l’IAAF pendant quinze années ; Abdoulaye Seye « Moreau », Amadou Barry et Youssoupha Ndiaye. Tous ont siégé au Comité international olympique (CIO), portant haut les couleurs du Sénégal.

De là où ils sont, ils peuvent être fiers. Leur héritier à la tête du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS) et membre du CIO a dignement assuré la relève. Mieux, il a entretenu la flamme, l’a portée plus haut et l’a finalement transformée en lumière pour toute une génération. Il a rendu fier le Sénégal, mais aussi toute l’Afrique.

« Ce soir, nous n’allumons pas une flamme pour éclairer un stade. Nous l’allumons pour éclairer une génération », a lancé Mamadou Diagna Ndiaye dans un stade Abdoulaye Wade rempli à craquer. Une phrase forte, presque prophétique, qui résume à elle seule la portée historique de cette cérémonie.

Oui, l’Afrique a saisi son heure ! Et le Sénégal a répondu présent. Avec panache. Avec élégance. Avec cette générosité qui fait son identité. À la face du monde, notre pays a exposé ce qu’il a de plus précieux : sa culture, sa diversité, son patrimoine, son savoir-faire et son savoir-être.

Le Sénégal a ébloui. Le Sénégal a ému. Le Sénégal a fait vibrer !

Notre musique traditionnelle, nos danses emblématiques — Ndawrabine, Goumbé, Wango et Yéla —, notre lutte sénégalaise, portée par la présence de grandes figures comme Modou Lô, Eumeu Sène, Sa Thiès et Franc, sans oublier notre art contemporain, ont donné à cette soirée une saveur exceptionnelle.

Et que dire du « Simb », notre célèbre faux lion, véritable concentré de traditions, de mystère et de ferveur populaire ? Que dire de l’inimitable Dr Samba Guèye ? Autant de tableaux qui ont réveillé notre mémoire collective et ravivé cette fierté profonde d’appartenir à une nation riche de ses traditions et résolument tournée vers l’avenir.

Nous avons tous eu la chair de poule. Nos cœurs ont battu la chamade. L’émotion était partout : dans les tribunes, sur la pelouse, devant les écrans et jusque dans les foyers. Des sourires, des cris de joie, des larmes parfois. Certains n’ont pas pu retenir leur émotion. Comment le pourraient-ils ? Ce n’était pas seulement une cérémonie d’ouverture. C’était un moment de communion nationale, un instant de grâce, une déclaration d’amour à notre pays.

Le COJOJ a déployé des moyens considérables pour faire découvrir au monde entier l’identité sénégalaise dans toute sa richesse. Plus de 1 000 artistes, techniciens et bénévoles ont ainsi contribué à la réalisation de cette fresque grandiose. Parmi eux, quelque 360 danseurs ont exécuté une chorégraphie représentant la carte de l’Afrique. Une image saisissante, spectaculaire, appelée à faire le tour du monde à la vitesse de la lumière, grâce notamment à la magie des réseaux sociaux.

En une seule soirée, Dakar est devenue la capitale d’une planète réunie autour des valeurs olympiques. Le Sénégal n’a pas simplement accueilli le monde : il lui a ouvert son cœur et lui a offert une part de son âme.

Même les États-Unis d’Amérique, cette grande puissance, sont tombés sous le charme du génie sénégalais. C’est dire !

Dans ces conditions, le Comité exécutif de l’Association nationale de la presse sportive (ANPS) ne s’est certainement pas trompé en désignant Mamadou Diagna Ndiaye Homme de l’année 2026. Un choix qui prend encore davantage de sens après cette démonstration éclatante. L’ANPS a également eu l’heureuse initiative de le porter au parrainage de sa soirée de gala d’excellence, prévue le 12 décembre prochain, au cours de laquelle seront récompensés les meilleurs sportifs du Sénégal ainsi que les légendes qui ont marqué notre histoire sportive.

Au-delà des distinctions et des honneurs, il restera surtout cette image : celle d’un Sénégal debout, fier, conquérant et capable de rivaliser avec les plus grandes nations lorsqu’il décide de croire en son génie.

Ce samedi, nous n’avons pas seulement célébré le sport. Nous avons célébré le Sénégal. Nous avons célébré l’Afrique. Nous avons célébré notre capacité à rêver grand et à transformer nos rêves en réalité.

Alors, à tous ceux qui ont contribué à cette magnifique réussite, aux artistes, aux techniciens, aux bénévoles, aux organisateurs et à tous les anonymes de l’ombre, un immense merci.

Et à vous, Monsieur Mamadou Diagna Ndiaye, qui avez porté cette ambition avec détermination, permettez-nous de reprendre ce mot qui vient du fond du cœur : JËRËJËF ! MERCI !

(Sud Quotidien*)

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