Face à l’accélération de la colonisation en Cisjordanie occupée, Amnesty International lance un cri d’alarme. Dans une déclaration publiée jeudi, l’organisation de défense des droits humains accuse l’impunité quasi totale dont bénéficie Israël sur la scène mondiale de rendre l’annexion du territoire palestinien une réalité désormais « irréversible ».
Selon l’ONG, l’absence de sanctions concrètes face aux violations répétées du droit international a « enhardi » le gouvernement d’extrême-droite de Benyamin Netanyahou. Ce dernier aurait, selon les termes d’Amnesty, mis les bouchées doubles pour « accélérer » la dépossession des Palestiniens.
« Le soutien inconditionnel du gouvernement américain, combiné à l’absence généralisée de comptes à rendre pour les décennies de crimes au regard du droit international, a encore enhardi Israël », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice de la recherche et du plaidoyer chez Amnesty International.
L’organisation dénonce une « faillite catastrophique » de la part de la communauté internationale. L’officialisation des confiscations de terres, l’expansion des colonies illégales et la violence des colons soutenue par l’État israélien en sont, pour Mme Guevara-Rosas, la preuve la plus flagrante. Elle souligne que des outils de pression, comme la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, restent volontairement inexploités.
Depuis la guerre de 1967, la Cisjordanie est sous occupation israélienne. La construction de centaines de colonies, illégales au regard du droit international, a progressivement fragmenté le territoire palestinien. La situation s’est dramatiquement intensifiée depuis les attaques du 7 octobre 2023. Le nombre de colonies a explosé, la population de colons israéliens dépassant désormais le demi-million, tandis que les raids de l’armée, les démolitions de maisons et les arrestations atteignent des niveaux sans précédent.
Parallèlement, la violence des colons, souvent protégés par l’armée, s’est déchaînée. Selon les derniers chiffres des Nations Unies, au moins 1 094 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes et les colons en Cisjordanie depuis octobre 2023.
Ces observations font écho à un récent rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui met en garde contre des politiques israéliennes visant à « déraciner » les communautés palestiniennes, soulevant des inquiétudes quant à un possible « nettoyage ethnique ».
Ces actions se poursuivent en dépit des décisions des plus hautes instances internationales. En 2024, la Cour internationale de Justice (CIJ) a qualifié l’occupation israélienne d' »illégale », exigeant son arrêt « le plus rapidement possible ». L’année précédente, l’Assemblée générale de l’ONU avait fixé à septembre 2025 l’échéance pour la fin de cette occupation.
« Pourtant, au lieu de s’y conformer, Israël a simplement inventé de nouvelles façons de violer le droit international, renforçant son occupation illégale et son système d’apartheid, tandis que la communauté internationale continue, au mieux, de rendre un hommage de pure forme aux droits des Palestiniens sans prendre de mesures efficaces », conclut Erika Guevara-Rosas.