La tension diplomatique monte d’un cran autour de la question palestinienne. Face aux velléités d’expansion territoriale discutées à Jérusalem, Berlin a décidé d’intervenir publiquement pour freiner les projets visant la Cisjordanie, allant jusqu’à programmer une intervention diplomatique directe sur le terrain.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a profité d’une conférence de presse tenue ce mardi à Berlin pour exhorter le gouvernement israélien à renoncer à ses projets d’annexion. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le dirigeant a exprimé une vive inquiétude face à la volonté d’Israël d’étendre son contrôle et de poursuivre l’expansion des colonies.
Au cœur des préoccupations allemandes se trouve une zone géographiquement cruciale : le territoire dit E1. Situé à l’est de Jérusalem et reliant la ville à la colonie de Ma’ale Adumim, ce secteur est considéré comme particulièrement sensible. Son développement risquerait de fragmenter davantage le territoire palestinien en Cisjordanie. « Le gouvernement allemand appelle instamment à éviter toute démarche concernant le territoire dit E1. Ce serait une grave erreur », a déclaré M. Merz, soulignant que ces mesures d’annexion compliqueraient la solution à deux États.
Pour joindre l’acte à la parole, le chancelier a annoncé une initiative diplomatique concrète. À sa demande, le ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, se rendra prochainement en Israël. Sa mission consistera à réaffirmer la position de Berlin auprès des autorités israéliennes et à plaider pour un changement de cap. « Il est crucial que nous, Européens, transmettions ce message ensemble », a insisté Friedrich Merz.
Cette démarche s’inscrit dans un cadre plus large de désapprobation internationale. L’Union européenne maintient que l’extension des colonies israéliennes en Cisjordanie est illégale au regard du droit international, estimant qu’elle compromet définitivement la viabilité d’un futur État palestinien indépendant aux côtés d’Israël.