Les dynamiques sécuritaires au Moyen-Orient poussent les pays du Golfe à redéfinir leurs partenariats stratégiques. Dans un contexte marqué par la multiplication des attaques aériennes, une nouvelle alliance se dessine entre Riyad et un acteur international lui-même engagé dans un conflit de haute intensité.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé la signature d’un accord de défense avec l’Arabie Saoudite. En visite dans le royaume ce jeudi pour y rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane, le chef d’État a évoqué un arrangement jetant les bases de futurs contrats, d’investissements et d’une coopération technologique bilatérale. Si cette entente a été rendue publique par la partie ukrainienne, les autorités saoudiennes n’ont pas encore officiellement confirmé la signature du pacte.
Ce rapprochement intervient alors que les pays de la région font face à une série de frappes iraniennes, en marge du conflit opposant les États-Unis et Israël à Téhéran. Selon les données communiquées par le ministère saoudien de la Défense, Riyad a intercepté des centaines de drones et des dizaines de missiles en provenance d’Iran depuis le 28 février, dont au moins six projectiles pour la seule journée de vendredi. Ces attaques ont déjà coûté la vie à 25 personnes dans les pays du Golfe, incluant deux victimes recensées jeudi aux Émirats arabes unis. Téhéran affirme cibler les intérêts américains, mais les États de la région soulignent le danger direct posé aux populations civiles.
Pour faire face à cette menace, l’expertise ukrainienne s’avère particulièrement recherchée. Kiev s’est imposé comme un producteur majeur de drones d’interception, une technologie développée pour contrer les vagues d’attaques russes. La correspondante d’Al Jazeera à Kiev, Audrey MacAlpine, précise que la Russie a lancé plus de 19 000 drones sur le territoire ukrainien au cours de l’hiver, forçant l’armée à adapter ses systèmes de défense en temps réel. Mardi dernier, une attaque massive a impliqué le lancement de 948 drones russes en l’espace de 24 heures.
Cette maîtrise technologique s’exporte désormais au-delà des frontières européennes. Le 18 mars, Volodymyr Zelensky indiquait que 201 experts en lutte anti-drone avaient été déployés au Moyen-Orient pour appuyer les défenses locales contre les attaques iraniennes. Interrogé par Al Jazeera, Yurii Cherevashenko, commandant adjoint des forces de couverture de la défense aérienne ukrainienne, a expliqué que l’utilisation de ces équipements dans la région implique de s’adapter à des contraintes environnementales spécifiques, telles que les tempêtes de sable, rendant les compétences des pilotes d’interception strictement déterminantes.