Cible de propos jugés racistes sur CNews, un nouveau maire français annonce une mobilisation et interpelle l’Élysée

Le paysage politique français est traversé par de vives tensions à la suite d’une séquence télévisée ciblant un élu local. Si le ministère de l’Intérieur a fermement condamné les propos tenus à l’encontre de ce responsable public, le principal intéressé juge cette intervention insuffisante et réclame une prise de position au plus haut sommet de l’État.

Selon l’agence Anadolu, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, s’est déclaré « très choqué » ce lundi sur les ondes de la radio RTL par les déclarations visant Bally Bagayoko, le nouveau maire La France insoumise (LFI) de Saint-Denis-Pierrefitte. Qualifiant la situation de « dérapage inacceptable », le ministre a rappelé que les citoyens doivent être jugés sur leurs actes et le respect des principes républicains, soulignant qu’il n’y a « pas une nouvelle France » ni « une France qui va disparaître ».

Cette sortie gouvernementale n’a toutefois pas convaincu l’édile. Invité sur France Inter dans la foulée, Bally Bagayoko a pointé du doigt le silence de l’Élysée. L’élu a qualifié de « scandaleux » l’absence de réaction de la présidence, estimant qu’il incombe à l’exécutif de se positionner en première ligne contre les déclarations à caractère raciste.

Les faits remontent au vendredi 27 mars, lors d’une émission diffusée sur la chaîne CNews. Évoquant le maire de Saint-Denis-Pierrefitte, Jean Doridot a déclaré que les humains appartiennent à la « famille des grands singes » et que dans toute tribu, « il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité ». Le lendemain, le philosophe Michel Onfray a poursuivi en qualifiant l’attitude de l’élu de « mâle dominant » et de « très tribale ».

Élu dès le premier tour des municipales face au maire sortant Mathieu Hanotin, offrant ainsi à LFI la direction de sa plus grande ville, Bally Bagayoko fait l’objet de plusieurs attaques depuis sa victoire. En réponse à ces interventions télévisées, la cheffe des députés de son parti, Mathilde Panot, a saisi l’Arcom, le régulateur français de l’audiovisuel et du numérique.

De son côté, le maire a annoncé l’organisation d’un grand rassemblement citoyen contre les discriminations, prévu ce samedi sur le parvis de son hôtel de ville, affirmant la nécessité d’un « sursaut » face à la propagation de l’extrême droite.

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