Publicité pour forum-paix-secu-dakar

Cheikh Oumar Diagne solde ses comptes : « Sonko c’est Diomaye et Diomaye c’est Sonko »

L’ex-directeur des moyens généraux de la Présidence est revenu à la charge dans une interview accordée à Seneweb. Sa thèse : les observateurs se trompent en opposant Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Mais en martelant que les deux hommes sont « pareils », Cheikh Oumar Diagne pose aussi, en creux, une équation politique qui piège les deux têtes de l’exécutif d’un seul mouvement.

La phrase tombe sans détour. « Ils sont pareils. Ils sont identiques. Sonko c’est Diomaye et Diomaye c’est Sonko », déclare Cheikh Oumar Diagne, invité spécial de Seneweb ce vendredi 17 avril. Le leader du parti Rassemblement pour la vérité / And Ci Deug y consacre un argumentaire complet : selon lui, les épisodes publics de désaccord entre le président de la République et son Premier ministre, qui se sont multipliés depuis deux ans, relèvent d’une « stratégie pour segmenter le bilan du pouvoir actuel ». Un « subterfuge », affirme-t-il, qui « ne passera pas » auprès des « Sénégalais conscients ».

Un narratif politique en plein essor

La sortie de Cheikh Oumar Diagne intervient dans un contexte particulier. Depuis plusieurs mois, l’hypothèse d’une fracture au sommet de l’État a pris corps dans la presse sénégalaise. Seneweb pointait, dès le 4 janvier 2026, « la discordance de ton » entre les discours de Nouvel An du président Faye et ceux de son Premier ministre. Début mars, Ousmane Sonko lui-même théorisait publiquement, devant les militants du Pastef, ce qu’il appelait une « cohabitation douce » avec le chef de l’État.

La séquence s’est accélérée en avril. Le site Pravda Sénégal affirmait, le 1er avril, que « le scénario d’un limogeage du Premier ministre par le chef de l’État » était « sérieusement étudié » par l’entourage présidentiel — quatre noms circulant déjà pour une éventuelle succession à la Primature. Quelques jours plus tard, un ndogou organisé au Palais avec des députés du Pastef se terminait dans une ambiance que le député Abdoulaye Thomas Faye, présent à la rencontre, qualifiait de « froide », selon Notre Continent.

C’est précisément ce récit de séparation que Cheikh Oumar Diagne vient démonter. « Les gens qui réfléchissent savent qu’ils partagent le bilan de ce régime », martèle-t-il, en refusant que l’on distingue « le bon et le mauvais » au sein du tandem.

Le paradoxe d’une position

Jusqu’ici, le propos pourrait relever du simple commentaire politique. Ce qui le rend singulier, c’est le positionnement personnel de son auteur.

Début mars, Cheikh Oumar Diagne était placé en garde à vue à la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar, puis poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles et calomnie », comme le rapportait Seneweb. Il lui était reproché d’avoir accusé Ousmane Sonko — et lui seul — d’être « politiquement responsable » de la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’UCAD.

L’équation est donc singulière. Il y a six semaines, Cheikh Oumar Diagne tenait le Premier ministre pour personnellement responsable d’un fait grave. Aujourd’hui, il affirme que « Sonko c’est Diomaye ». Par la force logique de la formule, celui qu’il visait hier seul se retrouve désormais associé à un binôme qu’il présente comme indissociable — entraînant, de facto, le président dans la même lecture politique des faits.

Cette bascule mérite attention. Dans une interview accordée récemment à Senenews, Cheikh Oumar Diagne avait déjà annoncé son retrait de la coalition présidentielle, qu’il allait jusqu’à qualifier de « coalition poubelle ». La trajectoire devient lisible : d’abord frondeur au sein du camp présidentiel, puis critique virulent mais principalement ciblé sur Sonko, Cheikh Oumar Diagne ouvre désormais un front qui englobe les deux hommes.

Le reproche de fond : une « rupture » qui n’en serait pas une

Au-delà de la polémique de personnes, Cheikh Oumar Diagne formule un reproche programmatique. Il accuse le tandem d’un « virement idéologique par rapport aux promesses initialement faites au peuple sénégalais, notamment celle de la rupture avec le système ».

La critique se veut précise. « Aujourd’hui, des gens qui étaient avec Wade, puis avec Macky, cheminent avec eux, pendant que d’autres qui avaient délaissé le Premier ministre durant les évènements entre 2021 et 2024 se sont ravisés et ont été accueillis. Les deux (Diomaye et Sonko) ne sont ni conséquents ni cohérents », fustige le leader de RV / And Ci Deug.

Ce grief n’est pas nouveau dans sa bouche. Dès octobre 2025, dans un entretien à Seneweb, il évoquait un « partage du gâteau » et dénonçait la présence d’« alliés contextuels » et d’« opportunistes » dans l’entourage du pouvoir. À l’époque, il pointait des personnalités qui avaient « combattu les gens de ce régime » avant de « normaliser leur relation » avec les nouveaux gouvernants « pour avoir leur part ».

Ce qui change aujourd’hui, c’est l’angle. Là où il invitait hier le tandem à se méfier de certains collaborateurs, Cheikh Oumar Diagne met désormais le tandem lui-même en cause, sans distinction. Une manière, peut-être, de neutraliser par avance toute tentative de sauvegarde politique qui consisterait à sacrifier l’un pour préserver l’autre.

Une nuance subsiste : la personnalité

Il y a pourtant une dimension sur laquelle Cheikh Oumar Diagne concède une distinction nette entre les deux hommes : leur tempérament. « Quand tu regardes bien ou même que tu les fréquentes, tu comprends rapidement qu’ils sont différents à bien des égards. Ils n’ont pas le même tempérament, pas la même nature, pas la même logique et encore moins le même état d’esprit », dit-il à Seneweb. « Ce qu’ils partagent, c’est un combat et un idéal qu’ils retrouvent à Pastef. Mais à part ça, ils sont totalement différents ».

La précision est importante. Elle permet à Cheikh Oumar Diagne de maintenir une ligne argumentative cohérente : différents par nature, identiques par bilan. Autrement dit, la différence de personnalité ne peut pas, selon lui, servir d’alibi politique pour distinguer la responsabilité des deux hommes dans la gestion du pouvoir.

Ce que révèle le moment

La prise de parole intervient au moment où deux narratifs concurrents s’affrontent dans l’espace politique sénégalais. Le premier, porté par une partie de la presse et des observateurs, installe l’idée d’une dualité, voire d’une rupture possible entre le président et son Premier ministre — avec, à l’horizon, la possibilité d’un remaniement. Le second, celui que défend désormais Cheikh Oumar Diagne, refuse cette dualité et verrouille la responsabilité des deux hommes dans un même bloc.

L’enjeu n’est pas anodin. Si le premier récit prospère, le président peut théoriquement survivre politiquement à une sortie de son Premier ministre. Si le second s’impose, les deux sont liés par un même bilan — et donc par un même destin.

En d’autres termes, la formule « Sonko c’est Diomaye et Diomaye c’est Sonko » n’est pas seulement une figure de style. C’est un verrou politique.

Qui est Cheikh Oumar Diagne ?

Ancien directeur des moyens généraux à la Présidence de la République sous Bassirou Diomaye Faye, Cheikh Oumar Diagne a été limogé dès le mois d’octobre 2024, selon Seneweb, après des propos sur les tirailleurs sénégalais qui contredisaient la position officielle du chef de l’État. Il est aujourd’hui leader du parti Rassemblement pour la vérité / And Ci Deug (RV). Le 6 mars 2026, il a été placé en garde à vue à la Sûreté urbaine pour « diffusion de fausses nouvelles et calomnie », après avoir tenu Ousmane Sonko pour « politiquement responsable » de la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’UCAD. Il multiplie depuis les sorties critiques contre le régime dont il fut pourtant un acteur de la première heure.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

6 commentaires

  1. Il se croit plus malin que les sénégalais ce monsieur! il ne débite que des débilités!!
    Il comprendra rapidement qu’il ne représente rien le sénégalais moyen est beaucoup plus instruit, plus consiencieux que lui. Les seuls personnes qu’il a réussit à berner sont du type de Diomaye, des complexés, sans compétence et sans charisme.

  2. Il faut donner la parole à des gens qui ont de la valeur, des principes… cheikh omar n’est pas un.

  3. Cheikh Omar : tu dis que leurs façons de faire est un subterfuge qui ne passera pas au pré dé sénégalais conscients, tout est dit , combien de sénégalais conscients sont encore dans ce pays , je prends comme exemple les deux premiers tarés intervenants , ils n’ont aucun argument à part prendre parti pour l’un et dénigrer l’autre et pourtant ce sont eux qui nous ont vendu ce concept du Sonko – mooy – Diomaye et Diomaye – mooy – Sonko , j’aurais compris s’ils les défendaient tous les deux mais non d’où l’inconscience . C’est ça le ( N T S )

  4. @Iphone,
    Tu as certainement raison, il ne reste plus beaucoup de sénégalais conscients dans ce pays.
    Sûrement COD pensait à des énergumènes comme toi, tu es vrai « sénégalais CONscient » vous devez être 2… ton cas à toi est pire.
    Quant à COD il sait très bien qu’il n’arrivera plus à flatté Diomaye qui l’a viré, chose qu’il ne pensait pas possible. Du coup il se radicalise.
    Mais oui, si des gens continuent à écouter ce monsieurs c’est qu’il y subsite quelque CONS à consientiser.

  5. Ce Cheikh o. Diagne ne sait pas encore où il doit poser le pied. Se croire plus intelligent que le commun des Sénégalais relève d’un égoïsme exacerbé. Il doit savoir se taire

Laisser un commentaire